Faits et événements Les chrétiens-démocrates tchèques en attente d'un second souffle
C'est le dernier rebondissement politique en date en République tchèque : trois jours après la démission de Miroslav Kalousek de la présidence du Parti chrétien-démocrate (KDU-CSL), les trois vice-présidents du Parti ont renoncé, à leur tour, à leurs fonctions. A l'origine de ce séisme au sein de la quatrième formation politique du pays une vive polémique sur son éventuelle participation à un gouvernement soutenu par les communistes.
Miroslav Kalousek, photo: CTK
Les commentateurs n'hésitent pas à parler des plus graves remous au sein du
parti chrétien-démocrate du KDU-CSL depuis seize ans. C'est en effet pour
la première fois dans l'histoire moderne du parti qu'un vent de révolte
contre sa direction s'est levé dans les régions. A l'est du pays
notamment, en Moravie, traditionnel fief des chrétiens-démocrates
tchèques.
En concoctant un énième scénario possible pour la formation du prochain gouvernement, le chef de la social-démocratie et Premier ministre sortant Jiri Paroubek a ouvert, la semaine dernière, des consultations avec le président des chrétiens-démocrates, Miroslav Kalousek. Or, la formation d'un cabinet socialiste et chrétien-démocrate nécessiterait un soutien clair et net du parti communiste, d'où une levée de boucliers au niveau des organisations régionales du KDU-CSL. Levée de boucliers qui a donc mis fin à trois ans de présidence de Miroslav Kalousek, qui, jusqu'à présent, avait positionné le parti à droite, et initié le départ, lundi, de trois vice-présidents. Jan Kasal, le premier vice-président du KDU-CSL qui dirige actuellement le parti, a déclaré :
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Miroslav Kalousek et Jan Kasal, photo: CTK
« Le KDU-CSL dit clairement et une fois pour toutes qu'il ne veut pas
participer à tout prix à n'importe quel gouvernement. Cette fois-ci, une
proposition extrêmement généreuse a été faite aux chrétiens-démocrates,
mais ils l'ont refusée. »
Autrement dit, les chrétiens-démocrates se sont engagés à ne participer à aucun gouvernement appuyé par le Parti communiste.
Vlasta Parkanova, photo: CTK
Lundi prochain, le KDU-CSL devrait se doter de nouveaux vice-présidents.
L'élection du chef du parti est prévue, quant à elle, pour le 9 décembre
prochain. Les chrétiens-démocrates eux-mêmes souhaitent un renouvellement
de fond en comble de leur représentation et ce sont, selon les
observateurs, de nouveau les leaders régionaux dont les chances sont
particulièrement fortes : on évoque par exemple Stanislav Juranek,
président de la région de Moravie du Sud, ou encore son rival, le sénateur
morave Jiri Stodulka. Deux femmes députées sont également en lice :
l'ancienne ministre de la Justice, Vlasta Parkanova, et Michaela Sojdrova.
Souvent étiqueté, par les médias, de rigide, au programme flou, incapable
de séduire de nouveaux électeurs et opportuniste, le parti
chrétien-démocrate a aujourd'hui, selon les mêmes commentateurs, de fortes
chances de devenir une véritable « CSU tchèque ». Deux défis, parmi tant
d'autres, sont à relever : trouver un leader fort, à l'image de Josef Lux
qui a façonné le parti dans les années 1990. Et, avec lui, oublier vite le
résultat peu flatteur obtenu aux élections de juin dernier : 7% des
suffrages en comparaison des 14% remportés en 2002 avec son ancien allié
US-DEU (Union de la liberté-Union démocratique).







