Faits et événements Les anciens prisonniers communistes dédommagés ? Enfin...
Quelque 280 millions de couronnes tchèques, soit plus de 9 millions d'euros : le Premier ministre Stanislav Gross prévoit de débloquer une telle somme du budget de l'Etat en faveur des anciens prisonniers politiques des années 1950-1960. Le chef du cabinet l'a annoncé à l'issue de sa rencontre avec les représentants de la Confédération des prisonniers politiques.
Stanislav Gross et la présidente de la Confédération des prisonniers politiques Nadezda Kavalirova, photo: CTK
"Mieux vaut tard que jamais", a dit Stanislav Gross
en commentant
sa décision d'octroyer aux prisonniers politiques, en guise de cadeau pour
le 15e anniversaire de la Révolution de velours, un dédommagement
financier. Un geste attendu depuis très longtemps par plusieurs milliers
de personnes formant ce qu'on appelle la "troisième
résistance"
et dont les droits n'ont jamais été vraiment défendus par la nouvelle
République tchèque démocratique. Or, pour manifester sa bonne volonté, le
Premier ministre social-démocrate n'a pas choisi un moment idéal : nous
sommes à quelques jours avant les élections régionales et sénatoriales.
C'est une "pluie dorée pré-électorale" qui nous tombe
dessus,
remarque le quotidien Lidove noviny.
Stanislav Gross et le porte-parole de la Confédération des prisonniers politiques Cestmir Cejka, photo: CTK
Une pluie dorée qui, en plus, ne reviendra pas cher : des 450 000
personnes concernées, seulement 6 000 sont encore en vie et pourront
profiter de l'indemnisation. L'Etat leur versera mensuellement une somme
supplémentaire à leur pension de retraite : 50 couronnes (moins de deux
euros) pour chaque mois d'incarcération ou de travaux forcés. A titre
d'exemple, les six années passées en prison ou dans des camps de travail
communistes correspondent à une augmentation mensuelle d'environ 120
euros. Les veuves des anciens prisonniers politiques pourraient toucher
quelque 80 euros au maximum. A noter que les revenus actuels des personnes
poursuivies après le putsch communiste de 1948 sont au-dessous de la
moyenne : les années de travail dans les mines, par exemple, n'étant pas
prises en compte pour leur retraites...
Si le cabinet approuve le décret en question, les "bêtes noires" du régime d'alors pourrait être dédommagées dès l'année prochaine.






