Faits et événements Les anciens prisonniers communistes dédommagés ? Enfin...

03-11-2004 | Magdalena Segertová

Quelque 280 millions de couronnes tchèques, soit plus de 9 millions d'euros : le Premier ministre Stanislav Gross prévoit de débloquer une telle somme du budget de l'Etat en faveur des anciens prisonniers politiques des années 1950-1960. Le chef du cabinet l'a annoncé à l'issue de sa rencontre avec les représentants de la Confédération des prisonniers politiques.

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Stanislav Gross et la présidente de la Confédération des prisonniers politiques Nadezda Kavalirova, photo: CTKStanislav Gross et la présidente de la Confédération des prisonniers politiques Nadezda Kavalirova, photo: CTK "Mieux vaut tard que jamais", a dit Stanislav Gross en commentant sa décision d'octroyer aux prisonniers politiques, en guise de cadeau pour le 15e anniversaire de la Révolution de velours, un dédommagement financier. Un geste attendu depuis très longtemps par plusieurs milliers de personnes formant ce qu'on appelle la "troisième résistance" et dont les droits n'ont jamais été vraiment défendus par la nouvelle République tchèque démocratique. Or, pour manifester sa bonne volonté, le Premier ministre social-démocrate n'a pas choisi un moment idéal : nous sommes à quelques jours avant les élections régionales et sénatoriales. C'est une "pluie dorée pré-électorale" qui nous tombe dessus, remarque le quotidien Lidove noviny.

Stanislav Gross et le porte-parole de la Confédération des prisonniers politiques Cestmir Cejka, photo: CTKStanislav Gross et le porte-parole de la Confédération des prisonniers politiques Cestmir Cejka, photo: CTK Une pluie dorée qui, en plus, ne reviendra pas cher : des 450 000 personnes concernées, seulement 6 000 sont encore en vie et pourront profiter de l'indemnisation. L'Etat leur versera mensuellement une somme supplémentaire à leur pension de retraite : 50 couronnes (moins de deux euros) pour chaque mois d'incarcération ou de travaux forcés. A titre d'exemple, les six années passées en prison ou dans des camps de travail communistes correspondent à une augmentation mensuelle d'environ 120 euros. Les veuves des anciens prisonniers politiques pourraient toucher quelque 80 euros au maximum. A noter que les revenus actuels des personnes poursuivies après le putsch communiste de 1948 sont au-dessous de la moyenne : les années de travail dans les mines, par exemple, n'étant pas prises en compte pour leur retraites...

Si le cabinet approuve le décret en question, les "bêtes noires" du régime d'alors pourrait être dédommagées dès l'année prochaine.

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