Faits et événements Le vice-président de la Cour suprême relevé de ses fonctions
La Cour supérieure de Prague a relevé de ses fonctions le vice-président de la Cour suprême Pavel Kučera. Selon le verdict de la Cour, prononcé mardi, Pavel Kučera aurait cherché à influencer la procédure menée contre l’ancien vice-Premier ministre et ministre du Développement local Jiří Čunek, impliqué dans une affaire de corruption.
Pavel Kučera, photo: CTK
Depuis plusieurs années, « l’affaire Čunek » ébranle les structures
les plus élevées de la justice tchèque. Le scandale a éclaté en juin
2007 lorsque le parquet général présidé par Renata Vesecká a dessaisi
de ce dossier le procureur de Přerov Radim Obst pour le confier à Arif
Salichov, un magistrat de la ville de Jihlava, qui avait fini par arrêter
la procédure. Selon la procureure d’Ostrava, Zlatuše Andělová, qui
figure comme témoin dans cette affaire, Pavel Kučera et plusieurs autres
hauts magistrats ont cherché à protéger Jiří Čunek, dont l’affaire
aurait pu ébranler le cabinet du Premier ministre Mirek Topolánek. Face
à ces faits et sur la recommandation du ministre de la Justice, Jiří
Pospíšil, la présidente de la Cour suprême, Iva Brožová, a décidé
de porter plainte contre Pavel Kučera. A l’issue de la séance et face
au verdict de la Cour supérieure de Prague, Iva Brožová a constaté le
bien-fondé de son initiative :
Iva Brožová, photo: CTK
« Je suis convaincue que Pavel Kučera a commis les actes qui ont fait
l’objet de ma plainte et qui, aujourd’hui, ont été confirmés par la
décision de la cour. La cour a confirmé que ces actes ont été commis. »
Le vice-président de la Cour suprême, Pavel Kučera, a cependant refusé de reconnaître sa faute et a immédiatement fait appel :
« C’est le verdict d’un tribunal de première instance qui, pour le moment, n’est pas légalement valable. Il a même un effet dilatoire. »
Renata Vesecká, photo: CTK
Si le verdict est confirmé par les instances supérieures, Pavel Kučera
sera le plus haut représentant de la justice tchèque jamais relevé de
ses fonctions par un tribunal. Mais Pavel Kučera n’est pas le seul à
être impliqué dans cette affaire : y figurent aussi, entre autres, la
procureure générale Renata Vesecká et l’ancien ministre de la Justice
Pavel Němec. Ce groupe de hauts magistrats avait d’ailleurs été
qualifié par l’ancienne procureure générale Marie Benešová de « maffia judiciaire ». L’affaire qui a révélé des pratiques douteuses
dans les plus hautes sphères de la justice tchèque risque donc d’avoir
une suite.








