Faits et événements Le train à grande vitesse en République tchèque est-il un rêve ou une proche réalité ?
A l'heure où une ligne rapide vient d'être ouverte entre Prague et la frontière allemande, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le bien-fondé de la stratégie des chemins de fer tchèques.
Pendolino
Le Pendolino est un train fabriqué par Alstom qui peut atteindre une
vitesse de 230 km/h, de 30% supérieure à la vitesse des autres trains
tchèques. C'est Alstom Ferroviaria, la filiale italienne du groupe, qui
avait remporté l'appel d'offre lancé par Ceske drahy, la compagnie
nationale de chemins de fer, pour la livraison de sept trains et pour un
montant total de plus de 4 milliards de couronnes. Le problème, c'est que
les voies que continue de construire Ceske drahy sont prévues pour une
vitesse maximale de 160km/h seulement. Comme le souligne Jan Novak dans le
quotidien Lidove noviny daté de mardi dernier, cette stratégie de la
compagnie nationale est d'autant plus incompréhensible que l'Union
européenne travaille sur l'élaboration d'un réseau de chemin de fer pour
trains rapides sur une bonne partie du continent, avec des vitesses qui
devraient être comprises entre 250 et 300 km/h. L'une des lignes de ce
futur réseau devrait relier Berlin, Prague, Brno, Ostrava, et Varsovie
d'ici 2015. Pour Jan Novak, la récente « mise en service » du Pendolino
ressemble à la campagne orchestrée par le régime communiste du début des
années 70, lorsqu'après bien des complications, les citoyens
tchécoslovaques avaient pu admirer les 20 premiers kilomètres d'une
autoroute... en partie mal construite.
D'autre part, le fournisseur, Alstom, se voit dans l'obligation de payer des indemnités de retard à Ceske drahy. Le quotidien Hospodarske noviny, daté de ce mercredi, révélait en effet que la société Alstom devra payer des millions de couronnes - la somme exacte n'a pas été rendue publique - en raison du retard dans la livraison des Pendolino. En attendant cette livraison, c'est Alstom qui doit prendre en charge la location de trains de remplacement, essentiellement auprès des Allemands de la Deutsche Bahn.








