Faits et événements Le secrétaire d'Etat à la Défense des Etats-Unis a fait une proposition ambiguë à Prague
Mardi, les déclarations de Robert Gates, secrétaire d'Etat à la Défense des Etats-Unis, ont apporté du nouveau dans la question de l'implantation de la base antimissile américaine en Europe centrale dont le radar devrait être installé en Tchéquie. Les réactions tchèques sont très mitigées.
Robert Gates et Mirek Topolanek, photo: CTK
La première proposition de Robert Gates de n'activer la base antimissile,
donc le radar américain en ce qui concerne la Tchéquie, que dans le cas où
il serait prouvé que l'Iran dispose vraiment de moyens qui menacent la
sécurité, n'a pas suscité autant de réactions que la seconde proposition.
Afin de mettre la Russie en confiance, Robert Gates a proposé de la faire
participer au projet par la présence de ses représentants sur la base, donc
en Tchéquie et en Pologne. D'après Tomas Pojar, vice-ministre des Affaires
étrangères, activer le radar américain qui pourrait être implanté en
Tchéquie lors d'un danger réel ne serait pas un problème. Pourtant, le
commandant de l'état-major de l'Armée tchèque, Jiri Sedivy, pense que ce
n'est pas une bonne solution et explique pourquoi :
« Cela est possible, mais ce ne serait pas très efficace. Si l'activation n'avait lieu qu'en cas de danger réel, il se peut que les paramètres techniques ne soient pas déterminés avec précision. Les bases de ce genre doivent être prêtes à l'avance, les systèmes doivent être testés, le personnel doit subir une formation spéciale et elles doivent devenir une partie consistante de tout le système. »
Cyril Svoboda
Pour ce qui est de la seconde proposition de Robert Gates concernant une
éventuelle présence russe sur la base antimissile, le Premier ministre
Mirek Topolanek a réagi laconiquement en déclarant qu'il ne la commenterait
pas. A la Chambre des députés, elle a suscité une large vague de
réprobation dans toute la largeur du spectre politique. Par exemple, Cyril
Svoboda, ancien ministre chrétien-démocrate des Affaires étrangères,
aujourd'hui ministre sans portefeuille et président du Conseil législatif
du gouvernement, a déclaré :
« Personnellement, je pense que c'est impossible. En plus, cela donnerait encore plus de poids à l'argument contre la présence de soldats d'un autre Etat sur le territoire tchèque. »
Rappelons que plus de 60 % de la population refuse l'implantation du radar
américain sur le sol tchèque. A plus forte raison la présence de militaires
russes, car les souvenirs de l'occupation soviétique sont encore trop
frais. Pour Jan Tamas, porte-parole de l'initiative civique « Non aux bases
militaires », il se peut que la Tchéquie ne devienne qu'une marionnette
entre les mains des grandes puissances. Jiri Paroubek, chef du parti
social-démocrate, apprécie les arguments de Robert Gates, mais ils ne l'ont
pas convaincu. Il est toujours contre le radar américain. Les entretiens
tchéco-américains se poursuivront la semaine prochaine, et le Premier
ministre espère qu'il seront terminés avant son voyage aux Etats-Unis dans
deux mois.





