Le parti conservateur TOP 09 veut sortir la tête de l’eau

Les partis politiques traditionnels, plutôt désavoués lors des législatives d’octobre dernier, tentent de se reconstruire. C’est le cas du parti TOP 09, qui est parvenu dans la difficulté à conserver quelques députés. Réunie en congrès ce weekend, la formation libérale conservatrice a élu un nouveau président en la personne de l’eurodéputé Jiří Pospíšil, qui va succéder à Miroslav Kalousek.

Pavel Němec, photo: ČTKPavel Němec, photo: ČTK L’ancien ministre de la Justice sous l’étiquette d’un autre parti de droite, le parti ODS, aura donc la charge de revigorer la formation TOP 09. L’élection de Jiří Pospíšil ne constitue pas à proprement parler une surprise, puisqu’il a longtemps été le seul candidat en lice à la présidence du parti. Au dernier moment, l’entrepreneur morave Pavel Němec a cependant annoncé sa candidature, avec l’idée de revenir aux fondamentaux conservateurs du mouvement résumés dans l’acronyme TOP : « tradice, odpovědnost, prosperita », soit « tradition, responsabilité, prospérité ». Pavel Němec :

« Je suis persuadé que c’est le chemin à prendre pour effacer l’image négative qu’une grande partie de la société a conçu à notre propos ; l’image d’un parti TOP 09 qui s’oppose avec ténacité à tous les gouvernements dont il n’est pas membre, un parti construit d’abord sur la négation et mettant en cause ses adversaires politiques. »

Le discours n’a pas porté puisque Jiří Pospíšil a réuni une large majorité des membres participant au congrès, avec 147 voix sur 177. Le projet de l’eurodéputé de 42 ans consiste cependant aussi à tenter de recréer des passerelles avec les autres formations de droite de l’opposition. A la Chambre des députés, où le parti ne compte que sept députés, contre 26 dans la précédente mandature, il s’agit de faire fonctionner l’alliance appelée « Bloc démocratique », avec les chrétiens-démocrates, le parti-civique démocrate (ODS) et le mouvement des maires et indépendants (STAN). Avec ce dernier, Jiří Pospíšil envisage d’ailleurs un véritable rapprochement :

Jiří Pospíšil, photo: ČTKJiří Pospíšil, photo: ČTK « Le mouvement des maires et indépendants est aujourd’hui l’entité politique la plus proche de TOP 09. J’espère que nous travaillerons ensemble étroitement. J’espère que pour les élections européennes, mais aussi pour les élections communales, partout où cela est possible, nous bâtirons des dynamiques communes, nous présenterons des candidats en commun. »

Les élections européennes de 2019, et surtout les municipales prévues pour l’automne prochain, constituent les échéances électorales auxquelles TOP 09 se prépare désormais. Pour Miroslav Kalousek, le président sortant, qui a annoncé renoncer à la direction du parti suite à la déconfiture des législatives, c’est bien là la priorité :

« Il est très important pour nous que s’étoffe notre réseau d’organisations locales, et donc de candidats aux élections communales. Il faut que nous ayons le maximum de candidats, afin que, si c’est possible, nous n’ayons pas d’endroits laissés vides sur la carte. »

Miroslav Kalousek et Jiří Pospíšil, photo: ČTKMiroslav Kalousek et Jiří Pospíšil, photo: ČTK Parti favorable à la construction européenne dans sa forme actuelle, libéral sur les questions économiques, TOP 09, depuis sa création en 2009, est une formation portée par différentes personnalités. Celle de Miroslav Kalousek tout d’abord, qui, en tant que ministre des Finances dans le gouvernement de Petr Nečas entre 2010 et 2013, a incarné une politique d’austérité budgétaire. Avant lui, l’autre figure du parti, c’était celle de son premier chef, Karel Schwarzenberg. Le candidat malheureux à la présidence de la République en 2013 voulait s’inscrire dans les pas de Václav Havel, notamment en défendant une politique étrangère axée sur les droits de l’Homme.

Avec une nouvelle direction, le parti conservateur, qui a recueilli seulement 5,31 % des suffrages aux élections législatives, semble maintenant vouloir s’appuyer sur une nouvelle génération de politiciens. Jiří Pospíšil est l’un d’entre eux, tout comme par exemple Dominik Feri, le plus jeune député – il a 21 ans - élu à la chambre basse du Parlement.