Faits et événements Le parti chrétien-démocrate critique l'amendement de la loi sur les Eglises
La Chambre des députés a adopté un amendement concernant la loi sur les Eglises. Le parti chrétien-démocrate le critique comme une intervention inadéquate de l'Etat dans les affaires ecclésiastiques.
Le cardinal Miloslav Vlk
Par les voix des députés sociaux-démocrates et communistes, la Chambre des
députés a adopté l'amendement concernant la loi sur les Eglises qui
modifie le statut des charités et des diaconats. Des critiques des rangs
du parti chrétien-démocrate jugent que la modification du statut est
contraire aux droits garantis aux Eglises par la Constitution : selon
cette dernière, les Eglises peuvent gérer leurs affaires indépendamment de
l'Etat.
Le ministre de la Culture Pavel Dostal s'est félicité de l'amendement adopté. Malade et épuisé par sa lutte contre le cancer, le ministre s'est présenté à la Chambre pour appuyer le vote de l'amendement auquel il attache une grande importance. Adopté ou pas par le Sénat, le ministre Dostal croit qu'il trouvera un soutien auprès du président de la République. D'après Dostal, le projet en question ne dit rien d'autre que l'Eglise doit agir en accord avec l'ordre juridique tchèque :
Le ministre de la Culture Pavel Dostal, photo: CTK
« Pour moi, il est difficile d'imaginer que le cardinal Vlk fasse d'une
personne X, une personne morale ecclésiastique, et que cette personne ait
les mêmes droits que la personne morale constituée en accord avec les lois
de la République tchèque. »
Cyril Svoboda, ministre des Affaires étrangères qui, en tant que membre du
parti chrétien-démocrate fait partie du camp adversaire, estime que la loi
est une expression de la méfiance de l'Etat à l'égard des Eglises :
« Cette loi conduira à des interventions inadéquates et démesurées de l'Etat qui non seulement interviendra dans la création de personnes morales ecclésiastiques, dont les charités et les diaconats, mais qui, en plus, obligera ces dernières à le tenir au courant des moindres détails. »
Cyril Svoboda s'est déclaré par ailleurs très sceptique quant à la possibilité de ratifier dans les proches délais le traité entre l'Etat tchèque et le Vatican. Depuis 1990, la tendance est à l'affermissement du rôle de l'Etat et à ne pas laisser aux Eglises la liberté de gérer leurs affaires, a-t-il souligné, en regrettant que la Tchéquie soit l'un des derniers pays européens à ne pas avoir réglé ses rapports avec le Saint-Siège.







