Faits et événements Le Parlement européen contre les Décrets Benes
La Commission étrangère du Parlement européen vient d'examiner le projet de rapport annuel sur la République tchèque. Son projet a suscité une vive réaction de la part des milieux politiques tchèques. Pourquoi ? La réponse vous est présentée par Alain Slivinsky.
Le projet de Rapport annuel de l'Union européenne, sur l'état
des entretiens d'admission avec les pays candidats, concernant
la République tchèque s'intéresse, en grande partie, à la
question des fameux Décrets Benes. Bon nombre de politiciens
tchèques se sont déclarés choqués. Par exemple, Jan Zahradil,
vice-président de la Commission étrangère de la Chambre des
députés, n'a pas mâché ses mots : « Le projet du rapport est
résoluement anti-tchèque. Il est l'expression de la position
hautaine adoptée par certains députés du Parlement européen
qui pense que ce parlement peut interpréter l'histoire à sa
guise ». Karel Kühnl, son collègue à la Chambre, a été un peu
plus modéré :
« Au sein du Parlement européen, il existe un petit groupe de députés d'Allemagne et d'Autriche qui, pour imposer de telles opinions extrémistes, exploite le fait que pas grand monde sache de quoi il s'agit ».
Qu'est-il dit de si
choquant dans ce projet de rapport ' Entre autres que « les lois
adoptées sous le Président Benes, dans les années 1945 - 1946,
ont conduit à la discrimination des Allemands et des Hongrois
et, dans leurs conséquences, au processus d'abolition de leurs
droits et d'expulsion de leur patrie ». Il est aussi dit que la
Tchèquie, dans le cas où elle trouverait un caractère
discriminatoire dans certaines parties des Décrets Benes, devrait
les éliminer, avant son adhésion à l'Union européenne. En ce
qui concerne ces fameux décrets, la République tchèque devrait,
également, se conformer aux critères de Copenhague... Ales
Pospisil, porte-parole du ministère tchèque des Affaires
étrangères, est catégorique : les Décrets Benes ne présentent
plus de caractère discriminatoire et ne sont plus en
contradiction avec les critères de Copenhague. Aucune analyse
de ces documents n'a été capable de démontrer le contraire. Il a
ajouté, avec une certaine ironie, qu'il était intéressant de
constater que les parlementaires européens viennent seulement
de demander les textes des Décrets Benes, alors qu'ils en
discutent depuis longtemps. Le projet de rapport de l'Union
européenne sur l'état des entretiens d'adhésion de la Tchéquie
confirme la volonté de certains députés allemands et
autrichiens de maintenir la tension autour des fameux décrets,
d'en faire une clause du processus d'admission. Ils ne tiennent
pas compte, ni de la position de la Tchéquie, qui considère les
décrets comme « éteints », ni de la Déclaration
tchéco-allemande de 1997, qui avait tiré un trait sur cette
question.





