Faits et événements Le ministère de l’Education abandonne le projet de réforme de l’enseignement supérieur

08-06-2012 15:48 | Magdalena Hrozínková

La réforme de l’enseignement supérieur a une nouvelle fois été remise à plus tard. Ce jeudi, le ministre de l’Education, Petr Fiala, a annoncé, à l’issue de sa rencontre avec les recteurs tchèques, qu’il mettait fin aux préparatifs de ce projet très controversé. La décision a été accueillie avec un soulagement certain par les 20 000 étudiants et professeurs tchèques qui s’étaient mobilisés, en début d’année, contre ce projet élaboré par l’ancien ministre de l’Education. En effet, selon eux, la mise en place de la réforme risquait de priver les universités tchèques de leur autonomie.

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Photo: CTPhoto: CT On s’en souvient encore, de ces protestations sans précédent du monde universitaire tchèque en colère contre l’ex-ministre de l’Education, Josef Dobeš, et son projet qui ambitionnait de réformer les écoles supérieures du pays. Pétitions, happenings, manifestations, grèves organisées en février et mars derniers : la réforme en question a suscité la désapprobation non seulement des étudiants, mais aussi des recteurs. Ainsi, pas moins de vingt sénats académiques sur un total de 26 l’ont rejetée. Les étudiants et les enseignants redoutaient surtout la perte de certaines libertés académiques et l’instauration de frais de scolarité qui auraient contribué à un endettement massif des étudiants.

Petr FialaPetr Fiala Lui-même ancien recteur de l’Université Masaryk de Brno et ministre de l’Education depuis début mai, Petr Fiala a tout de même laissé entendre que sa décision de renoncer au projet de son prédécesseur ne signifiait pas l’abandon de la réforme de l’enseignement supérieur en tant que telle. Toutefois, celle-ci devrait désormais être préparée de façon plus approfondie et en concertation avec les représentants des écoles supérieures. Concrètement, les changements à venir ne seront pas définis dans une nouvelle loi, mais dans des amendements aux lois déjà existantes relatives au financement et à la gestion des écoles supérieures.

Václav HavlíčekVáclav Havlíček Recteur de l’Université technique de Prague, Václav Havlíček se félicite de la décision du ministre de l’Education :

« Ce qui nous gênait, c’est que l’ancien ministre avait balayé d’un revers de la main toutes nos remarques et objections concernant le projet de loi sur les écoles supérieures. Quant au projet de loi sur l’aide financière apportée aux étudiants, celui-ci n’avait pas été consulté du tout avec les recteurs. En ce qui concerne les amendements aux lois proposés par l’actuel ministre, nous continuons à défendre l’autonomie des écoles supérieures, et ce afin d’empêcher que celles-ci soient dépendantes des représentants politiques. »

Si le ministre Petr Fiala a assuré, jeudi, que l’introduction de frais de scolarité, mesure prévue par son prédécesseur, « ne faisait pas partie des projets du gouvernement », il envisage néanmoins d’introduire des frais d’inscription. Recteur de l’Université Masaryk de Brno, Mikuláš Bek explique les deux notions :

Mikuláš BekMikuláš Bek « C’est une question de terminologie tchèque. ‘Školné’, c’est-à-dire les frais de scolarité, sont une somme qui recouvre les frais réels des études universitaires, tandis que ‘zápisné’, les frais d’inscription, sont une taxe d’administration payée au début de chaque semestre. C’est évidemment le montant qui fait la différence entre les deux taxes. »

Mikuláš Bek est d’ailleurs persuadé de la nécessité de la participation des jeunes Tchèques au financement de leurs études. On l’écoute :

« Il me semble qu’il y a peu de chances que l’Etat, avec les moyens dont il dispose, puisse améliorer le financement des écoles supérieures. La seule possibilité de remédier à la situation économique des écoles, qui est très mauvaise, est d’utiliser des moyens financiers publics et privés, y compris les frais d’inscription. »

Toujours ce jeudi, le ministre de l’Education et les recteurs se sont mis d’accord sur une réduction de 10% du nombre de nouveaux étudiants qui seront acceptés, à la rentrée 2012, par les écoles supérieures du pays. Une mesure qui reflète la situation démographique de la République tchèque… et les possibilités financières du ministère de l’Education.

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