Le groupe Psi vojaci fêtent leurs 25 ans

L'année 2004 ne célèbre pas uniquement les 15 ans de la Révolution de velours, elle est aussi l'occasion pour l'ancien groupe dissident Psi vojaci de fêter ses 25 ans d'existence. Cette coïncidence de dates nous rappelle le rôle de premier plan que jouèrent artistes et intellectuels dans le changement de régime en 1989.

Psi vojaci, photo: CTKPsi vojaci, photo: CTK « Le peuple des Soldats chiens passa la rivière, le peuple des Soldats chiens franchit la frontière » : Filip Topol a martellé en ouverture ces paroles comme une litanie de temps archaïques, comme si chacune des notes de son piano et chaque coup de batterie égrennait une à une les années écoulées depuis la création du groupe. Mardi soir, la salle de concert pragoise Akropolis a vibré au son de ses chansons et de la musique de son groupe Psi vojaci, autrement dit les « Soldats chiens ». C'est devant une salle comble et conquise par avance, où se mélangeaient allègrement les générations, que le groupe de l'underground tchécoslovaque des années 1980 a fêté 25 ans d'existence et de résistance : résistance au régime communiste jusqu'en 1989, et résistance au temps et aux tubes commerciaux d'aujourd'hui, puisqu'ils restent l'une des figures de proue de la musique alternative en République tchèque.

Vratislav Brabenec, le saxophoniste des Plastic People of the Universe, était présent pour baptiser la seconde édition du livre qui rassemble les textes de Filip Topol, ainsi que ceux de son frère écrivain, Jachym. C'est une histoire commune de longue date, puisque Filip Topol a fait ses premières armes en 1978 en première partie de ce groupe phare de l'underground tchécoslovaque qui jouait alors dans la maison de campagne de Vaclav Havel. Voilà ce qu'il nous a confié sur la signification de ce concert :

« C'est vraiment quelque chose qu'un groupe aussi excellent que Psi vojaci ait réussi à tenir pendant 25 ans. C'est une vraie course de fond. Il s'agit d'un groupe important avec des textes d'une immense poésie, un groupe qui rayonne, et notamment au niveau des textes et de la musique, tout cela grâce à l'énorme énergie déployée par Filip Topol. »

Et pour savoir ce qu'en pense la nouvelle génération, héritière de ce passé nous avons demandé son avis à Nikola, la fille de Vratislav Brabenec :

Psi vojaci, photo: www.palacakropolis.czPsi vojaci, photo: www.palacakropolis.cz « C'est associé au mouvement dissident ici, et puis dans ma famille, mon père est aussi musicien. Psi vojaci sont comme la deuxième génération. Comme mon père l'a dit, il est heureux que le groupe existe parce que les Plastic People sont un peu fatigués alors que les Psi vojaci ne le sont pas encore. Ils sont plus jeunes qu'eux. Je pense que leur musique a beaucoup d'esprit, et c'est surtout cela qui est important. »

Cet anniversaire rappelle que c'est aussi grâce à cette musique et à l'engagement de ces artistes que la République tchèque peut fêter les 15 ans de sa révolution...

Pour plus de renseignements sur le groupe : www.psivojaci.cz