Faits et événements Le gouvernement satisfera-t-il aux revendications des syndicalistes?
Des milliers de syndicalistes et de manifestants se sont réunis samedi dans le centre de Prague pour protester contre la réforme des finances proposée par le gouvernement. Radio Prague était sur place.
Protestation de syndicalistes, photo: CTK
« Nous avons besoin de la réforme et non pas de la « déforme » », pouvait-on
lire sur la banderole portée en tête du défilé par les leaders
syndicalistes. Ceux-ci se déclarent plus ou moins satisfaits des résultats
de la manifestation qui, selon eux, a attiré environ 20 000 employés dans
la capitale. Selon d'autres estimations, un peu plus modestes, ils
auraient été 15 000 manifestants. L'un d'eux a résumé l'objectif de leurs
protestations...
« Le gouvernement mérite cette protestation énergique. Il doit savoir que la réforme qu'il propose est pour nous inacceptable. Nous le mettons en garde contre un taux de chômage trop élevé, nous sommes contre le prolongement de l'âge actif dans une situation où le gouvernement n'est pas en mesure de nous assurer du travail, nous sommes contre la diminution des allocations maladie. Nous protestons contre la charge fiscale plus élevée des contribuables les plus crédibles - les fonctionnaires. Ce n'est pas la réforme, c'est la déforme... »
Protestation de syndicalistes, photo: CTK
Et quelle a été la réaction du gouvernement à la manifestation? Le Premier
ministre, Vladimir Spidla, a proposé aux syndicalistes deux compromis
concernant les retraites. Les femmes continueront à prendre leur retraite
plus tôt que les hommes, d'après le nombre d'enfants. Le deuxième
compromis concerne les années d'études supérieures qui seront comprises
dans le montant des pensions de retraite. Puis, le gouvernement a promis
aussi de lutter plus radicalement contre l'économie parallèle. Ces
compromis seront- ils suffisants pour que les syndicats renoncent à leurs
protestations? Milan Stech, chef de la Chambre tchéco-morave des Unions
syndicales, a répondu :
Protestation de syndicalistes - Milan Stech, photo: CTK
« Je crois que la grève générale ne fait pas partie de notre scénario, mais
on ne peut pas l'exclure si le gouvernement jettait nos revendications à
la poubelle. Dans ce cas-là, on organisera des manifestations qui pourront
avoir des impacts négatifs sur l'économie. Cette fois-ci, on a voulu les
éviter... » Donnons la parole à une employée des usines sidérurgiques
d'Ostrava, en Moravie du nord :
« Selon la dernière réforme, on a prolongé l'âge actif de quatre ans, et maintenant ils veulent ajouter encore quatre ans. C'est huit ans au total. Je devais prendre ma retraite à l'âge de 55 ans, et maintenant c'est 63 ans. Pour une femme, c'est terrible. Et j'évite encore de parler des salaires qui ne cessent de baisser... »





