Faits et événements Le FMI presse la République tchèque de procéder à des réformes
L'instabilité politique dans laquelle est plongée la République tchèque depuis désormais près de six mois pourrait avoir des conséquences néfastes sur la situation économique du pays et freiner sa croissance. Telle est la principale conclusion qui ressort du rapport de la dernière mission du Fonds Monétaire International (FMI) en République tchèque.
Les experts du FMI mettent en garde les responsables politiques :
l'économie tchèque affiche certes pour l'instant d'excellents résultats,
mais elle pourrait très vite pâtir du continuel report des réformes
sociales et des finances publiques. Le principal point noir réside dans le
fait qu'au lieu de profiter de la forte croissance économique actuelle,
avec un taux de 6 % en 2006, et de se réduire, le déficit des finances
publiques continue de se creuser. Ainsi, le ministère des Finances a
annoncé que le déficit des administrations publiques devrait représenter 4
% du produit intérieur brut (PIB) cette année et 4,2 % en 2007. Un
problème
que les économistes tchèques évoquent depuis un certain temps déjà. « La
République tchèque n'a pas réformé ses finances publiques pendant la
période où sa croissance économique était et reste la plus rapide,
explique ainsi Petr Dufek, analyste de la Banque Commerciale
Tchéco-slovaque (CSOB). L'adoption de la réforme en sera d'autant
plus
problématique dans les années à venir lorsque la croissance sera plus
lente et que le prélèvement des impôts sera par conséquent également plus
lent. »
C'est d'ailleurs en tenant compte de l'état de ces finances, le déficit
public ne devant pas dépasser 3 % du PIB, que le gouvernement et la Banque
de République tchèque ont récemment décidé de repousser à une date
ultérieure l'adoption de l'Euro, initialement prévue en 2010. Si les
analystes estiment l'adoption de la monnaie unique possible en 2012, ils
précisent toutefois que la mise en place de réformes est indispensable
pour cela.
Outre celle des finances publiques, une réforme des dépenses sociales, et
notamment des systèmes de retraite et de santé, est également nécessaire.
Ces mesures restent toutefois impopulaires auprès de l'électorat. Le
prochain gouvernement, quelle que soit sa composition, risque donc de les
remettre à plus tard en attendant l'organisation de nouvelles élections
législatives, probablement en 2009.





