Le dopage russe permet aux Tchèques de récupérer une médaille des Jeux de Sotchi

Les Jeux olympiques d'hiver, qui se tiendront à Pyeongchang du 9 au 25 février prochain, n’ont pas encore commencé que les Tchèques ont déjà une médaille ! Le relais féminin de biathlon récupérera en effet prochainement la médaille de bronze des… Jeux de Sotchi. Quatrièmes de l’épreuve en 2014, Eva Puskarčíková, Gabriela Koukalová, Veronika Vítková et Jitka Landová profitent de la disqualification du relais russe, alors médaillé d’argent, dont deux des quatre représentantes ont été convaincues de dopage et suspendues par le Comité international olympique (CIO).

Photo: Sergei Kazantsev, CC BY 3.0Photo: Sergei Kazantsev, CC BY 3.0 En attendant de connaître la décision que prendra sa commission exécutive la semaine prochaine quant à la participation ou non de la Russie aux JO de Pyeongchang, le CIO a multiplié les sanctions contre les sportifs russes ces derniers jours. Au total, ce ne sont pas moins de vingt-deux d’entre eux qui ont été disqualifiés des Jeux de Sotchi, certains étant même suspendus à vie de toute compétition olympique. Tous ont été punis pour leur implication dans le scandale du dopage d’Etat organisé par les autorités de leur pays. Parmi ces coupables figurent les biathlètes Iana Romanova et Olga Vilukhina, dont les performances avaient contribué à la deuxième place de la Russie dans l’épreuve du relais (4x6 kilomètres) en 2014. Devancées par l’Ukraine, victorieuse, la Russie, donc, et la Norvège troisième, les Tchèques avaient fini au pied du podium. Quatre ans plus tard, alors que se profilent déjà les prochains Jeux, qui s’ouvriront dans 70 jours en Corée du Sud dans un contexte politique particulièrement tendu en raison de la menace nord-coréenne, voici ces mêmes Tchèques finalement appelées à récupérer une médaille de bronze qui laisse toutefois un goût quelque peu amer dans la bouche d’Eva Puskarčíková, une des quatre bénéficiaires de la sanction infligée à la Russie :

Eva Puskarčíková, photo: ČTKEva Puskarčíková, photo: ČTK « On peut dire ça comme ça… C’est sûr que recevoir une médaille dans ces conditions, ce n’est pas la même chose que de monter sur le podium, pas la même émotion. Je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer. Disons que je guetterai un peu plus attentivement les passages du facteur dans les prochains jours et trierai mon courrier en espérant y trouver la médaille. »

Entraîneur en chef de l’équipe nationale tchèque de biathlon, Ondřej Rybář, présent tout au long de cette semaine à Östersund (Suède) pour les épreuves de Coupe du monde, a lui aussi préféré s’amuser de la chose :

« Au moins nous pouvons dire que nous avons déjà remporté une médaille olympique cette saison, et ce avant même l’ouverture des Jeux. Admettez que c’est fort quand même… Plus sérieusement, c’est une médaille de plus qui améliore encore un peu notre bilan de Sotchi, qui était déjà positif avec cinq médailles. Pour les filles, cela signifie aussi qu’elles auront cette médaille chez elles. Elle servira à leur rappeler ce qu’elles ont réussi dans leur carrière de biathlète. »

Double médaillée d’argent dans les épreuves du départ en ligne et du relais mixte à Sotchi, Gabriela Koukalová, grande vedette du biathlon tchèque, récupère, elle, une troisième breloque de ces Jeux de Sotchi qui resteront dans les annales comme les jeux du scandale.

Un scandale dont l’ampleur n’a cependant pas empêché la Fédération tchèque de hockey sur glace de se joindre à la demande faite cette semaine par la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) auprès du CIO de ne pas empêcher l’ensemble des sportifs russes de participer aux JO à Pyeongchang en février prochain. Selon les grandes nations du jeu, Etats-Unis mis à part dont la fédération ne s’est pas jointe à la demande, un tournoi olympique sans la Russie perdrait beaucoup de son intérêt et mettrait le hockey sur glace en danger.