Faits et événements Le chef de l’ODS Mirek Topolánek présente ses excuses à tous ceux qu’il a offensés
Dans une lettre ouverte, le chef du Parti civique démocrate (ODS), Mirek Topolánek, a présenté ses excuses à tous ceux qui pourraient se sentir offensés par ses propos récemment tenus dans un entretien informel accordé au magazine gay LUI. La presse tchèque publie et commente largement ces propos et constate que Mirek Topolánek a fait une faute grave juste au début de la campagne pour les prochaines législatives en République tchèque.
Mirek Topolánek, photo: CTK
Le chef de l’ODS et ancien Premier ministre, qui a accepté de se faire
photographier pour le magazine LUI, répond pendant cette séance photo
spontanément et avec désinvolture aux questions de journalistes du
magazine. L’entretien, qui n’est pas destiné à la publication, finira
pourtant par filtrer dans la presse à scandale, puis dans la presse
sérieuse. Au cours de l’entretien, Mirek Topolánek est interrogé
surtout sur son rapport vis-à-vis des homosexuels et de leurs
revendications mais il évoque aussi d’autres thèmes dont les origines
des Eglises. Il a dit, entre autres :
«Dans le christianisme primitif il n’y avait pas d’Eglise. L`Eglise a pris le pouvoir par l’abêtissement des masses, par le ‘brainwashing’ (lavage de cerveau). C’est de cette façon que l’Eglise a pris le pouvoir sur les gens et sur leurs cerveaux. Elle a utilisé le christianisme comme un instrument de pouvoir. Mais le christianisme lui-même n’est pas nocif. »
Jan Fischer, photo: CTK
Dans d’autres passages cités abondamment dans la presse, Mirek
Topolánek critique le caractère du Tchèque moyen, électeur du Parti
social-démocrate. Il s’en prend aussi à la trop grande flexibilité
voire à la mollesse politique du Premier ministre, Jan Fischer, et du
ministre des Transports, Gustáv Slamečka, en mentionnant maladroitement
dans ce contexte l’origine juive de l’un et l’homosexualité de
l’autre.
Gustáv Slamečka
L’affaire déclanche une tempête de réactions, dont une des plus
violentes est celle du chef de la social-démocratie, Jiří Paroubek, qui
qualifie les propos de Mirek Topolánek de dangereux et appelle le chef de
l’ODS à quitter la scène politique. L’Eglise, elle, refuse de
commenter cette affaire lancée par la presse à scandale. Quant à Jan
Fischer et Gustáv Slamečka, leurs réactions sont complètement
différentes. Jan Fischer qualifie dans une déclaration officielle les
propos en question d’offensants et d’aberrants, et annonce vouloir
limiter ses contacts avec Mirek Topolánek au strict nécessaire. Par
contre, Gustáv Slamečka, lui, n’est pas offensé. Il déclare bien
connaître Mirek Topolánek et savoir que le chef de l’ODS n’est ni
antisémite ni homophobe. Et le ministre d’affirmer que, dans sa vie
publique et privée, Mirek Topolánek a toujours défendu les droits des
minorités.
Dans sa lettre d’excuses, Mirek Topolánek souligne que lui sont attribuées des opinions qu’il n’a jamais eues et que ses propos ont été sortis de leur contexte. Toujours est-il que l’affaire tombe au moment où commence la campagne électorale et qu’elle risque de nuire sérieusement non seulement à Mirek Topolánek mais aussi au parti dont il est le leader. Un coup dur lui a été asséné par un membre influant du Parti civique démocrate. Le chef du Sénat, Přemysl Sobotka, a déjà appelé Mirek Topolánek à retirer son nom de la liste des candidats pour les prochaines législative et à envisager la possibilité de renoncer au poste de chef de l’ODS.







