Faits et événements Le cabinet tchèque adopte une loi sur la prostitution
Malgré les vacances, le cabinet tchèque ne se repose pas et poursuit une activité fébrile dans le domaine législatif. Il a adopté plusieurs projets de loi dont celui, assez controversé, qui devrait définir les règles pour l'exercice de la prostitution. A noter que ce n'est pas la première tentative d'aborder ce problème délicat, mais que les gouvernement précédents ont toujours reculé face à ce phénomène qui se révélait trop complexe
Le ministre de l'Intérieur Frantisek Bublan
Visant l'objectif de limiter la prostitution, le gouvernement procède en
fait à sa légalisation. Désormais, selon la nouvelle loi, les prostitués
des deux sexes seront obligés de se faire enregistrer et de payer des
impôts. Ils ne pourront pas offrir leur services à la proximité des écoles
et des établissements pour les jeunes. Le ministre de l'Intérieur Frantisek
Bublan: "Il ne s'agit pas d'une loi restrictive, mais elle introduit
quand même beaucoup de restrictions. Elle rend punissables aussi les
clients, c'est à dire, si quelqu'un demande ce genre de services à des
endroits où ils ne sont pas autorisés, il s'exposera à une amende allant
jusqu'à 15 000 couronnes."
Bien qu'il bénéficie de l'appui du gouvernement, ce projet risque de se
heurter encore à de sérieux obstacles avant d'être approuvé par le
Parlement. Il est refusé notamment par les chrétiens démocrates qui font
partie de la coalition gouvernementale et aussi par la majorité des
membres du Parti civique démocrate, formation principale de l'opposition.
Il est par contre bien reçu par des élus des villes et des communes.
Les objections contre le projet peuvent être divisées en deux catégories - morale et pratique. Une partie de ses critiques objectent qu'en légalisant et en taxant la prostitution, l'Etat devient un grand maquereau, ce qui est inadmissible sur le plan moral. D'autres estiment qu'il sera extrêmement difficile sinon impossible d'imposer le respect de la nouvelle loi et que la majorité des prostitués refuseront de payer les impôts et continueront à travailler "au noir". D'ailleurs, celles qui exercent "le plus vieux métier du monde" ne cachent pas leur refus et avouent dès aujourd'hui qu'elles feront tout pour échapper à l'enregistrement et au fisc.







