Faits et événements Le 70e anniversaire de la disparition du premier président tchécoslovaque Tomas Garrigue Masaryk
Il y a de cela 70 ans, est décédé le premier président tchécoslovaque, Tomas Garrigue Masaryk. Un rassemblement solennel pour rappeler son legs a eu lieu jeudi au Château de Prague.
Photo: CTK
Des dirigeants politiques tchèques, des légionnaires, des diplomates et des
témoins de la Première république de Masaryk étaient présents dans la salle
Espagnole du Château de Prague lors d'un rassemblement au cours duquel
Vaclav Klaus a déclaré que la personnalité de Tomas Garrigue Masaryk et son
message politique restaient une inspiration durable pour la démocratie
tchèque :
« Il était un politicien réaliste, pas seulement d'après le nom du parti réaliste qu'il avait cofondé. Masaryk a toujours souhaité que la politique soit basée sur les principes moraux fermes, sur la connaissance et la vérité. »
Tomas Garrigue Masaryk
Le président libérateur est mort au château de Lany le 14 septembre 1937,
à l'âge de 87 ans. Qualifié de personnalité tchèque la plus marquante du
XXe siècle, Tomas Garrigue Masaryk a pourtant été, au commencement de son
parcours politique, une personnalité plutôt haïe. On lui reprochait d'avoir
remis en cause l'authenticité de manuscrits devant prouver que l'histoire
de la nation tchèque était plus ancienne que celle de la nation germanique.
Puis, d'avoir pris la défense de Juifs accusés de « meurtre rituel », une
sorte d'affaire Dreyfus mais en pays tchèques. Après le déclenchement de la
guerre, Masaryk, jusqu'alors député du parlement de Vienne, part en exil
pour y organiser les légions et mener des négociations diplomatiques en
France, en Russie et en Amérique qui finissent par lui valoir le soutien du
président américain Woodrow Wilson pour l'idée de la création d'un nouvel
Etat. La Tchécoslovaquie indépendante est proclamée le 28 octobre 1918 et
Masaryk est élu son premier président. On écoute sa voix invitant à mener
une politique raisonnable et honnête :
Tomas Garrigue Masaryk
Parmi des légionnaires présents, jeudi, à la cérémonie, Jan Koukol, 95
ans, vétéran des batailles en Pologne, en France et en Afrique, s'est
souvenu de sa rencontre avec Masaryk :
« J'ai connu personnellement le président Masaryk, j'ai vécu la première république, et je l'ai rencontré lors de sa visite à Brno. Pour nous, c'était un saint, un homme juste, plein d'esprit de sacrifice qui s'est sacrifié pour notre république et nous étions tous prêts à nous sacrifier pour lui... »
En conclusion de son discours consacré à l'héritage du premier président tchécoslovaque, le chef d'Etat actuel Vaclav Klaus a invité à s'occuper de la personnalité de Masaryk penseur, philosophe et humaniste non seulement à l'occasion de son anniversaire, mais aussi parce qu'il reste un point de repère durable pour l'Etat tchèque.





