Le 63e festival Printemps de Prague : le rendez-vous de grands pianistes

C’est l’Orchestre philharmonique de Brno placé sous la direction de Petr Altrichter qui inaugurera la 63e édition du festival international de musique Printemps de Prague. Comme le veut la coutume, au programme du concert inaugural du 12 mai il y aura le cycle de poèmes symphoniques « Ma patrie » de Bedřich Smetana.

Bien que le répertoire du festival de cette année ne soit pas marqué pas un thème majeur, on peut dire que son trait typique sera la présence d’excellents pianistes. Le public pragois entendra Rudolf Buchbinder, Alfred Brendel, Piotr Anderszewski ou András Schiff. L’école pianistique tchèque sera représentée par le magicien du piano Ivan Moravec. Parmi les autres invités très attendus il y a le violoniste excentrique Nigel Kennedy, la reine de la coloratura Edita Gruberová ou la violoniste Julia Fischer. Le directeur du festival Roman Bělor ne peut pas se plaindre du manque d’intérêt de musiciens étrangers :

« En général nous réussissons à faire venir et à présenter au festival des personnalités importantes. Nous pouvons profiter du fait que le festival Printemps de Prague est très connu est respecté par les professionnels de la musique. Ainsi nous n’avons pas de problèmes en ouvrant les portes sur le monde. »

Roman BělorRoman Bělor Outre plusieurs orchestres tchèques le public du festival entendra des formations symphoniques de Saint-Pétersbourg, de Bratislava, de Budapest, de Manchester et surtout l’Orchestre symphonique de la BBC avec son directeur musical Jiří Bělohlávek. L’un des meilleurs chefs tchèques à l’heure actuelle amène à Prague cette célèbre formation pour y donner surtout un répertoire tchèque et britannique :

« Notre intention était de présenter l’orchestre par les œuvres dans lesquelles il excelle. Nous avons voulu apporter une composition britannique et avons porté notre choix sur Britten parce que sa Sinfonia da requiem est une œuvre hautement dramatique qui figure dans le répertoire de la majorité des orchestres de renommée mondiale. Je tenais également à présenter une œuvre d’auteur tchèque et le choix était très simple pour moi. J’ai choisi l’œuvre de mon cœur, la symphonie Asraël de Josef Suk. »

En 1990, Jiří Bělohlávek, qui était alors chef de l’Orchestre philharmonique tchèque, s’est vu obliger de céder son poste à l’Allemand Gert Albrecht que les musiciens de la Philharmonie avaient élu à sa place. Cette déception et ce départ ont marqué cependant le début de sa grande carrière internationale. Roman Bělor constate :

« C’est un grand plaisir pour nous d’accueillir au festival l’orchestre symphonique de la BBC avec Jiří Bělohlávek qui donnera deux concerts. On dirait que c’est symbolique. Parfois nous ne sommes pas capables d’apprécier suffisamment les personnalités artistiques de chez nous. Ce n’est que lorsque ces artistes deviennent chefs d’ensembles prestigieux et remportent les lauriers dans le monde, que nous arrivons à les apprécier à leur juste valeur. »

Le festival durera jusqu’au 4 juin. Trois quarts des places sont déjà réservés.