Faits et événements Le 43e anniversaire de la fin d’un espoir
43 ans se sont écoulés depuis l’invasion des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie venues pour écraser par les tanks le Printemps de Prague. Le régime soviétique ne pouvait pas tolérer ce mouvement de libéralisation dont les artisans se proposaient de créer un socialisme à visage humain. A l’occasion de ce triste anniversaire ont eu lieu, ce dimanche, des rassemblements et des cérémonies commémoratives à Prague et dans plusieurs villes tchèques.
Août 1968
Au moment de l’invasion et pendant les jours suivants, la radio est
devenue la source principale d’informations et symbole de la résistance
contre l’occupant.
« Les tirs n’ont cessé qu’il y a cinq minutes. Les habitants
désirent empêcher par leurs corps la prise du bâtiment de la radio par
les soldats… », disait une speakerine de ce temps-là. C’est
l’avenue Vinohradská devant la maison de Československý rozhlas
(Radio
publique tchécoslovaque) qui a été le théâtre d’une des
confrontations les plus tragiques entre les soldats soviétiques et la
population tchèque. Quinze personnes y ont perdu la vie.
La maison de Československý rozhlas
Plusieurs
habitants ont été fusillés dans la rue devant la radio, d’autres ont
été tuées lors de l’incendie d’une maison et de l’explosion
d’un
tank soviétique. 43 ans après, environ 200 personnes sont venues
assister
à une cérémonie à la mémoire de ces victimes. Parmi elles se trouvait
aussi Miroš Svatoň, ingénieur du son qui avait assuré l’émission du
matin et puis aussi pendant toute la journée du 21 août.
Photo: CTK
Dans une déclaration lancée à l’occasion du 43e anniversaire de
l’occupation soviétique, le premier ministre Petr Nečas constate que
les temps ont changés et qu’à l’heure actuelle nous devons faire
face
à des dangers différents. « Aujourd'hui le risque n'est plus une
invasion d'armées 'alliées' mais une invasion de manifestations de
radicalisme, de haine et d'extrémisme, » souligne le chef du
gouvernement
tchèque et constate que les extrémismes de divers genres peuvent
aujourd’hui ou dans un proche avenir mettre en danger la liberté et la
démocratie.
Le monument aux victimes du 21 août 1968 à Liberec
Les cérémonies commémoratives du 21 août ont eu lieu aussi dans
d’autres villes du pays. Dans la ville de Liberec en Bohême du nord,
les
participants se sont réunis devant le monument aux victimes de
l’occupation près de l’Hôtel de ville. Miroslav Bernady, un
homme ayant été grièvement blessé en 1968 par les occupants, a
évoqué
à cette occasion les circonstances dans lesquelles le monument des neuf
victimes de l’occupation avait été créé :
« Créer un monument aux victimes du 21 août 1968 est une idée que je portais dans mon cœur depuis l’invasion. Elle n’a été toutefois réalisable qu’à partir de la révolution de 1989. J’étais membre du Forum civique, mouvement principal de la révolution de velours et nous avons lancé une collecte de bronze, de cuivre, d’étain et de choses de ce genre … »
Entre août et décembre 1968 l’occupation a coûté la vie à 108
personnes et des centaines de personnes ont été grièvement blessées.
Elle a déclanché une importante vague d’émigration politique. La
Tchécoslovaquie a perdu une grande partie de ses élites intellectuelles
et son développement intellectuel et économique s’est pratiquement
arrêté. Les habitants se sont en général réfugiés dans une sorte
d’exil intérieur. Le régime arbitraire mis en place par les
collaborateurs tchèques avec l’occupant a plongé le pays dans la
passivité et l’apathie, caractéristiques pour la période, dite de la « normalisation ». L’occupation de la Tchécoslovaquie par l’armée
soviétique a duré 23 ans.







