Faits et événements Le 15 mars 1939

13-03-2009 15:50 | Jaroslava Gissübelová

Ce dimanche, la République tchèque commémore une date noire de son histoire : il y a 70 ans, le 15 mars, les troupes nazies occupaient ce qui restait du pays amputé de ses régions limitrophes, suite aux accords de Munich. L’instauration d’un « protectorat de Bohême-Moravie » marque alors le début de six années d’occupation.

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Le 15 mars 1939Le 15 mars 1939 Le 15 mars 1939, les troupes de la Wehrmacht envahissent Prague. La radio annonce que les unités du IIIe Reich ont franchi la frontière pour assurer la « protection » de la Bohême et de la Moravie, sur demande du président Emil Hácha. Le comportement de cet homme politique a longtemps été considéré comme une capitulation. Aujourd’hui, les historiens sont unanimes pour admettre que dans le cas précis du 15 mars 1939, Emil Hácha ne pouvait rien changer et n’avait pas le choix face à Hitler qu’il avait rencontré le 14 mars à Berlin. Hácha s’y était rendu avec la conviction que la situation en Slovaquie qui avait proclamé son indépendance serait débattue. Il s’agira en fait d’un piège, où tout était décidé à l’avance, comme le confirme Jan Němeček de l’Institut d’histoire de l’Académie des sciences :

« Les négociations ont été très bien préparées par la partie allemande : le scénario était clair. Hitler a annoncé d’une façon univoque et sans discussion quelconque que le lendemain, les unités militaires franchiraient la frontière pour occuper le pays et que toute tentative de résistance serait brisée. Göring menaçait de bombarder le pays et d’anéantir Prague. »

Emil Hácha et Adolf HitlerEmil Hácha et Adolf Hitler Les menaces ne pouvaient être prises à la légère d’autant qu’après Munich, la Tchécoslovaquie avait perdu son potentiel stratégique, ses fortifications et ainsi sa capacité de défense. Après un constat de la situation et sous une pression énorme, Emil Hácha a signé le protocole de capitulation croyant que les promesses données par Berlin seraient tenues :

« J’ai obtenu la promesse du maintien d’une évolution de la vie nationale de manière autonome. »

Cette promesse n’a pas été tenue de même que celle donnée par Hitler à Munich, à savoir qu’après l’annexion des Sudètes, il ne présenterait pas d’autres revendications à l’égard de la Tchécoslovaquie. Comme le souligne l’historien Jan Němeček, la signature du protocole sur la création du protectorat de Bohême-Moravie a aussi été la dernière démarche que Hitler a réussi à réaliser sans que cela ne provoque un conflit :

« Le cas de la Tchécoslovaquie a démontré que la voie de conciliation, c’est-à-dire Munich et la cession des régions limitrophes à l’Allemagne, était une voie que les puissances occidentales ne pourraient plus emprunter. Car en six mois, les accords de Munich ont été brisés par Hitler qui a procédé à l’occupation directe des pays tchèques, bien que justement ces accords aient garanti le maintien des frontières de la deuxième République. »

Le 15 mars 1939 en Tchécoslovaquie a été la preuve, s’il en fallait, que la politique nazie ne s’arrêterait pas là. Car peu après, Hitler a formulé de nouvelles revendications territoriales envers la Pologne qui ont culminé par la déclaration de guerre, le 1er septembre 1939.

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