Faits et événements L'art gothique, maniériste et baroque de Silésie se présente à Prague
« La Silésie - une perle dans la couronne de Bohême : trois périodes d'éclat artistique dans les rapports réciproques » - voilà le nom d'une exposition présentant l'art de la Silésie, une région dont le legs artistique est commun à trois pays : la Tchéquie, la Pologne et l'Allemagne.
Madone sur le lion
L'exposition se tient jusqu'au 8 avril prochain au manège Wallenstein et
est proposée conjointement par la Galerie nationale de Prague et deux
institutions polonaises - le Musée de Lehnice et l'Université de
Vratislav. Elle présente l'art de Silésie qui a toujours été un carrefour
de courants spirituels et culturels tchèques, polonais et allemands et cet
amalgame de culture a donné naissance à des oeuvres spécifiques et
extraordinaires. Le commissaire de l'exposition, Vit Vlnas, de la Galerie
nationale, l'a caractérisé comme un événement mémorable, pionnier,
révélateur et grandiose :
« Pour la toute première fois, à une si grande échelle, et dans une sélection aussi large d'oeuvres de pointe, on présente un thème qui restait dans le piège des barrières linguistiques et des stéréotypes nationaux : celui des relations artistiques entre la Silésie et les autres pays de la couronne de Bohême dans le courant de 400 ans pendant lesquels la Silésie en faisait partie, depuis le Moyen-âge gothique, au travers du maniérisme rodolphien jusqu'à l'art baroque triomphal. »
Le Christ à la colonne
Les objets exposés ont été prêtés par des dizaines de musées,
d'institutions ecclésiastiques et de collectionneurs privés de Pologne,
d'Allemagne, de Hongrie, de Slovaquie et de Tchéquie. Beaucoup sont
présentés pour la première fois au grand public. Arrêtons-nous devant
quelques-uns. Une dominante de la partie gothique : le groupe de
sculptures « Le mont des Oliviers » rappelant l'influence du peintre
flamand Jan van Eyck. L'objet le plus précieux de la partie réservée au
maniérisme du XVIe siècle est la sculpture en bronze « Le Christ à la
colonne, » créée par le Hollandais Adriaen de Vries, artiste attiré à
Prague par Rodolphe II.
Le miracle de saint Adalbert au mont Vert
Parmi les oeuvres baroques, les visiteurs sont impressionnés le plus par
une toile géante de Vaclav Vavrinec Reiner « Le miracle de saint Adalbert
au mont Vert », déplacé à Prague de l'église polonaise de Lehnicke pole,
édifiée par les bénédictins du couvent pragois de Brevnov. Plusieurs
tableaux exposés nous familiarisent avec la création du peintre silésien
baroque le plus célèbre, Michael Willmann.
D'autres présentent des oeuvres créés en Silésie par des artistes tchèques : le peintre Petr Brandl et le sculpteur Ferdinand Maxmilian Brokof. La mise à l'honneur des influences réciproques silésiennes, tchèques, polonaises, allemandes et autres est justement ce par quoi cette exposition est unique en son genre.







