L’Armée tchèque entend renforcer son engagement à l’étranger

Quelque 800 soldats tchèques participent, depuis le début de l’année, à des opérations militaires à l’étranger, soit environ le double par rapport à 2017. Et leur nombre pourrait encore grimper jusqu’à 1 200 dans les mois à venir. Avancé par la ministre de la Défense du gouvernement démissionnaire, Karla Šlechtová (ANO), le projet sera discuté mercredi prochain en conseil des ministres.

Visite de la ministre Karla Šlechtová en Irak, photo: Hana Brožková / Site officiel de l'Armée tchèqueVisite de la ministre Karla Šlechtová en Irak, photo: Hana Brožková / Site officiel de l'Armée tchèque « Le rôle stabilisateur que nous pouvons jouer en Irak est extrêmement important. Même si la fin de la guerre contre Daesh a été annoncée, c’est une guerre que le pays n’a pas encore complètement gagnée », a déclaré Karla Šlechtová lors de sa visite en Irak jeudi dernier.

La guerre contre l’organisation Etat islamique officiellement terminée, les soldats de la coalition internationale doivent, en effet, justifier leur présence sur le sol irakien. Tout comme son prédécesseur Martin Stropnický (lui aussi du mouvement ANO), la ministre de la Défense estime que l’engagement des militaires tchèques en Irak doit être encore renforcé. Alors que Prague y envoie régulièrement des spécialistes de l’aviation chargés de former des pilotes irakiens au maniement des avions L-159 et des policiers militaires, au mois de janvier, ces effectifs tchèques ont été renforcés par une unité anti-chimique de Liberec, en Bohême du Nord. Dans la base militaire d’Al-Taji, située à une trentaine de kilomètres au nord de Bagdad, douze instructeurs en chimie entraînent une centaine de spécialistes irakiens, comme le rapporte le commandant de l’unité tchèque, Pavel Breda :

« Nos collègues irakiens sont expérimentés dans le domaine, ils ont détecté des laboratoires d'armes chimiques utilisés par l’Etat islamique. Ils connaissent les munitions qui ont été utilisées dans les combats ici, à savoir des substances comme ypérite ou sarin. »

Base militaire d’Al-Taji, Irak, photo: npor. J. K. / Site officiel de l'Armée tchèqueBase militaire d’Al-Taji, Irak, photo: npor. J. K. / Site officiel de l'Armée tchèque A compter de 2019, cette unité anti-chimique tchèque, qui collabore sur place avec d’autres armées étrangères, doit exercer ses propres activités sur le terrain : elle sera chargée de l’observation de la situation et, éventuellement, de la mise en place de mesures de protection en cas de danger.

La situation sécuritaire dans le pays demeure délicate et difficile : comme en témoignent les soldats de l’Armée de l’air tchèque, les conflits armés entre les militaires irakiens et les cellules liées au groupe Etat islamique sont toujours d’actualité.

Si le gouvernement en démission donne le feu vert au renforcement des missions militaires à l’étranger, les effectifs de toutes les équipes tchèques en Irak pourraient augmenter pour atteindre, cette année encore, 110 personnes.

Les soldats tchèques au Mali, photo: AČR / Mali-EUTM / Site officiel de l'Armée tchèqueLes soldats tchèques au Mali, photo: AČR / Mali-EUTM / Site officiel de l'Armée tchèque D’autres pays, où la Tchéquie déploie ses soldats, sont également concernés : l’Etat compte envoyer, d’ici 2020, quelque 390 militaires en Afghanistan. Ils poursuivront l’entraînement de l’armée locale et veilleront à la sécurité des forces alliées dans les provinces de Herat et Logar. La présence militaire tchèque devrait aussi être plus visible au Mali, où elle se déroule dans le cadre des missions de l’Union européenne et des Nations-Unies (MINUSMA). Une présence particulièrement remarquée en juin 2017, lorsque les Tchèques ont contribué à déjouer une attaque terroriste qui ciblait un complexe hôtelier.

A noter que ces changements seront orchestrés par le nouveau chef de l'Etat-major Aleš Opata qui sera officiellement nommé à son poste au mois de mai.