Faits et événements La Télévision publique tchèque supprime le poste de correspondant en Russie
La Télévision publique tchèque n’aura plus de correspondant en Russie. Le directeur général Jiří Janeček a supprimé ce poste ce lundi, suite à l’impossibilité d’obtenir un visa de travail pour le correspondant actuel Josef Pazderka.
Jiří Janeček
« Si j’ai pris cette décision, c’est parce que je ne veux pas que la
Télévision tchèque, en tant qu’institution indépendante, se retrouve
prise au piège comme un bouc émissaire dans des sortes de jeux
diplomatiques ou d’espionnage. »
Le directeur général a exprimé sa déception. Par son opposition, la Russie empêche la libre circulation des informations sur un pays aussi médiatiquement attrayant que la Russie.
Josef Pazderka
Suite à la décision du ministère russe des Affaires étrangères, Josef
Pazderka doit quitter Moscou d’ici la fin du mois de mars, alors que
selon son contrat, il devait rester en poste jusqu’à la fin de
l’année 2010. Avant l’expiration de son visa de travail, il a
demandé, il y a quelque temps, une simple prolongation. Le 16 février,
elle lui a été refusée sans aucune explication officielle. Selon un
employé du ministère russe qui veut rester dans l’anonymat, il
s’agirait d’une mesure de rétorsion pour répondre à l’expulsion du
correspondant de Parlamentskaya gazeta de Prague, en été dernier. De
source non officielle, ce serait une réaction à des mesures prises par
les autorités tchèques contre des employés des services de renseignement
russes travaillant en Tchéquie, et utilisant une couverture de
journalistes.
Avant de devenir le correspondant de la Télévision tchèque en Russie, Josef Pazderka travaillait dans l’humanitaire en Tchétchénie et était reporter dans des régions politiquement instables du Caucase.
Depuis 2006, il est déjà le deuxième correspondant tchèque en Russie
bloqué dans son travail à cause d’un refus de visa. Aujourd’hui,
Josef Pazderka se retrouve donc dans la même situation que son
prédécesseur, Jan Moláček, actuel correspondant à Vienne. De la même
façon, il s’était vu refuser, il y a 4 ans, la prolongation de son visa
de travail sans qu’aucune raison officielle ne soit avancée. La
décision avait alors été qualifiée par les médias de mesure de
réciprocité après le départ de Prague du correspondant de l’agence de
presse gouvernementale RIA Novosti, Leonid Sviridov.
En 2000 déjà, Jaromír Štětina et Petra Procházková, deux reporters tchèques en Tchétchénie et en Russie, fondateurs en 1994 d’une agence de presse indépendante Epicentrum, avaient été contraints de quitter sans délai la Russie.








