Faits et événements La Tchéquie espère retrouver sa position d’«Hollywood européen»
Lors de son conseil, lundi, le cabinet Jan Fischer a adopté à l’unanimité un programme d’encouragement de l’industrie cinématographique tchèque. Un investissement de près de 16 millions d’euros devrait permettre à la Tchéquie de retrouver sa place sur la carte cinématographique de l’Europe. Pour leurs films tournés en République tchèque, les productions étrangères vont désormais bénéficier de compensations à hauteur de 20% des frais réalisés.
Jusqu’en 2007, Prague était un paradis pour les cinéastes européens
et
américains qui appréciaient la position idéale de la ville, les bas
coûts et la bonne réputation des studios Barrandov surnommés « Le
Hollywood tchèque. »
‘Mission impossible’, ‘Casino royal’, ‘Hannibal, les origines du mal’, ‘Oliver Twist’, ‘Le journal d’Anne Franck’, ‘Le Parfum’, ‘Hostel’, ‘La Môme’ sont quelques uns des titres de films les plus connus tournés à Prague.
James Bond
La situation a changé après que des pays voisins de la Tchéquie, comme
la Hongrie ou l’Allemagne, aient commencé à motiver les cinéastes
mondiaux par des avantages fiscaux et la possibilité de récupérer leurs
investissements. La réaction ne s’est pas faite attendre. En 2008, un
seul film étranger a été tourné à Prague. Pourtant, en 2006 encore,
c’était 8 films, après une année record en 2003, avec 11 productions
étrangères. Ainsi, en cinq ans, le volume de la production
cinématographie étrangère réalisée en République tchèque a connu
une
baisse de 86%. Hormis le secteur cinéma, les pertes subies pour les films
irréalisés commençaient se ressentir au niveau de l’Etat tchèque,
comme l’observe Helena Uldrichová, directrice de l’Association des
producteurs de l’audiovisuel :
Jan Fischer, photo: CTK
« La situation est devenue critique, à la suite d’une chute très
importante qui s’est produite entre les années 2003-2008. »
Les plaintes des cinéastes tchèques craignant le pire ont donc été enfin entendues. En pleine crise économique, le gouvernement transitoire de Jan Fischer a débloqué un peu moins d’un demi milliard de couronnes pour soutenir la cinématographie :
« Cela ne crée aucune pression sur les moyens budgétaires supplémentaires. Le soutien à l’industrie cinématographique sera réalisé à partir du chapitre qui est réservé dans le budget au ministère de la Culture. »
Le programme d’encouragement des cinématographies étrangères pour
qu’elles viennent tourner leurs films en République tchèque
s’inspire
du modèle de compensation des frais, qui est appliqué en Allemagne ou en
Grande-Bretagne. Ainsi, pour la production d’un long métrage dont le
coût s’élève à 15 millions de couronnes, les cinéastes pourront
récupérer 20% des frais, soit 3 millions de couronnes.
L’entrée en vigueur du programme d’encouragement des productions étrangères est prévue pour le 1er janvier 2010. Auparavant, il doit encore obtenir l’aval de la Commission européenne, qui doit statuer sur sa compatibilité avec les règles européennes de soutien à l’entreprise.








