Faits et événements La restitution du château d'Opocno
Mercredi, le tribunal de Rychnov nad Kneznou a décidé de restituer le château d'Opocno à Cristina Colloredo-Mansfeld. L'héritière de la famille noble réclame la restitution de ce beau château Renaissance, en Bohême orientale, depuis huit ans. Astrid Hofmanova.
Château d'Opocno (Photo: CTK)
En passant sa vie entre l'Autriche, la Grèce et Opocno, la comtesse Cristina
Colloredo-Mansfeld, 61 ans, a obtenu déjà une partie de ses biens: 10 maisons à
Opocno, 5 maisons dans la région, presque 4 000 hectares de forêts, 68 tableaux
de la collection de son grand-père et la plus grande partie du mobilier
comprenant environ 10 000 objets qu'elle partage avec son cousin Jerôme.
En dépit du verdict du tribunal, l'affaire va tout probablement continuer. La restitution du château ne plaît pas, en effet, au gérant actuel du château - l'Institut national de protection des monuments historiques. Ce dernier suspecte le comportement de la famille, pendant la guerre, et veut prouver que le père de Cristina avait perdu la nationalité tchèque, après avoir demandé la nationalité allemande, au début de la guerre. Appuyé par le ministre de la Culture, Pavel Dostal, qui considère cette restitution comme une violation des décrets du Président Benes, l'Institut veut se pourvoir en appel du jugement.
Voici quelques faits: le domaine d'Opocno a été confisqué à Joseph Colloredo-Mansfeld, père de Cristina, par les nazis en 1942, à cause de son attitude négative à l'égard du Reich. Après la guerre, il ne pouvait pas en obtenir la restitution, car il était considéré comme un individu peu sûr. La famille est partie pour le Canada, en 1947. Le comte est mort en 1990, en Autriche.
Une autre cause de restitution concerne la famille noble Salm, dont les héritiers réclament environ 8 000 hectares de terres, y compris une partie non négligeable du Karst morave et les châteaux de Blansko et de Rajec-Jestrebi, confisqués à Hugo Mikulas Salm-Reifferscheidt-Raitzi, après la guerre, sur la base des décrets du président Benes. Le ministre de l'Intérieur, Stanislav Gross, a rejeté la demande de reconnaître ultérieurement la citoyenneté tchécoslovaque à ce dernier propriétaire du domaine, la citoyenneté étant l'une des conditions principales pour pouvoir réclamer les restitutions des biens. Selon un historien, Hugo Mikulas Salm a adopté la nationalité allemande lors du recensement de 1930. Neuf ans plus tard, il a adhéré au DAF (Deutche Arbeit Front) et était membre également du Bund Deutscher Osten, un service de renseignement pour l'abwehr. Hugo Mikulas Salm, est mort à Rajec-Jestrebi en 1946.








