La République tchèque va aider la Slovénie à protéger ses frontières

Comme pour la Hongrie précédemment, le gouvernement tchèque a validé, lundi, l’envoi de vingt policiers et de cinquante soldats en Slovénie afin d’aider celle-ci à protéger sa frontière avec la Croatie, voie empruntée par des milliers de migrants. Par ailleurs, la République tchèque consacrera 105 millions de couronnes supplémentaires (près de 4 millions d’euros) d’ici à la fin de l’année aux pays les plus frappés par la crise migratoire.

La République tchèque va aider la Slovénie à protéger ses frontières, photo: ČTKLa République tchèque va aider la Slovénie à protéger ses frontières, photo: ČTK Ne s’agit-il pas seulement de gestes symboliques ? Le nombre de policiers et de soldats est-il suffisant ? Ou insignifiant ? Les quelques millions octroyés au Proche-Orient et à l’Afrique ne représentent-ils pas qu’une toute petite goutte d’eau dans un océan de détresse ? Et, compte tenu de son montant, cette aide humanitaire à des régions ruinées et ravagées par la guerre a-t-elle même un sens ? Telles sont quelques-unes des questions qui ont été posées lundi suite aux décisions annoncées par le gouvernement. La République tchèque affirme être solidaire et vouloir agir sur le terrain pour tenter de résoudre la crise migratoire, notamment en apportant un soutien concret aux pays touchés par l’exode de leurs populations et en aidant, en Europe, à rendre plus imperméables les frontières de l’espace Schengen.

Prague va donc envoyer dans les prochaines semaines, via notamment deux fonds européens, quelques dizaines de millions de couronnes, plus 70 encore l’année prochaine, à des pays comme la Turquie, le Liban ou la Jordanie, là où les camps de réfugiés, essentiellement syriens, sont les plus importants. La volonté déclarée de la diplomatie tchèque est de ralentir les flux de migrants en direction de l’Europe, comme l’a confirmé le ministre de l’Intérieur, Milan Chovanec :

Milan Chovanec, le ministre de l’Intérieur, photo: ČT24Milan Chovanec, le ministre de l’Intérieur, photo: ČT24 « La politique européenne est inefficace dans cette affaire. Je ne dirais pas qu’elle a échoué, mais les mesures qui ont été prises jusqu’à présent restent sans effet. Depuis le début, nous affirmons que le système de quotas de répartition, que ceux-ci soient imposés ou non aux Etats membres, ne marchera pas. Nous en avons aujourd’hui la confirmation. Je suis d’accord avec M. Fico, le Premier ministre slovaque, sur le fait que la situation en cours menace notre sécurité. Parmi les migrants qui arrivent en Europe figurent des gens qui possèdent une expérience des combats dans leurs pays. Ce n’est là un secret pour personne : ces gens peuvent représenter un risque. Nous, la Slovaquie et les autres pays d’Europe centrale, faisons le maximum pour réduire ce risque en filtrant les arrivants aux frontières. »

Pour cela, et comme en Hongrie à la mi-octobre, le gouvernement, qui a proposé lui-même son aide, va déployer une vingtaine de policiers et une cinquantaine de militaires avec du matériel en Slovénie. Leur mission, qui durera au minimum un mois, consistera à coopérer avec les autorités locales à la surveillance de la frontière avec la Croatie. Et à ceux qui estiment que cet apport est insuffisant, le ministre Chovanec a répondu que la République tchèque agissait dans la mesure de ses moyens :

Réfugiés à la frontière slovène-croate, photo: ČTKRéfugiés à la frontière slovène-croate, photo: ČTK « Les autres pays doivent eux aussi participer pour que cela ait un sens. Quoi qu’il en soit, aider la Slovénie et la Hongrie à protéger leurs frontières me semble être une meilleure solution que de construire une clôture à la frontière avec la Slovénie ou d’édifier des barrières entre la Bavière et l’Autriche, voire entre la Bavière et la République tchèque, comme envisagent de le faire l’Autriche et l’Allemagne. Je pense qu’il est préférable de protéger les frontières de l’espace Schengen que les frontières des pays à l’intérieur de celui-ci. C’est ce que nous affirmons là aussi depuis le début. Si tous les pays européens participaient à cette protection comme le fait la République tchèque à son échelle, il pourrait rapidement y avoir entre 600 et 1 000 policiers des Etats européens en Slovénie, et cela représenterait alors une certaine force. »

Et comme la Hongrie qui a fermé ses frontières avec la Serbie et la Croatie, la Slovénie parviendrait alors peut-être à ses fins, à la satisfaction, entre autres, de la République tchèque.