Faits et événements La République tchèque est depuis deux ans membre de l'Union européenne
Le 1er mai 2004, la République tchèque a intégré l'Union européenne. Comment cet événement historique est-il perçu deux ans après ?
Pavel Telicka
Ecoutons Pavel Telicka, principal négociateur de l'entrée de la Tchéquie
dans l'UE et le premier commissaire européen. Hormis les aspects négatifs,
dont les conflits entre le chef de l'Etat eurosceptique et le chef du
gouvernement proeuropéen et le fait que la Tchéquie puise insuffisamment
dans les fonds structurels, il s'exprime avec optimisme :
« Il suffit d'examiner le bilan du commerce extérieur où d'importants investissements ont été réalisés dans la mécanique et l'automobile. Les étudiants font leurs études dans des conditions tout autres, les Tchèques se font valoir beaucoup plus à l'étranger, mais ce qui est le principal, nous avons la possibilité de décider ensemble des questions qui nous concernent et que nous ne pouvions pas influencer, auparavant. »
Selon l'ambassadeur tchèque auprès de l'UE, Jan Kohout, notre pays est membre respecté de l'Union qui se fait entendre tant dans le domaine de sa politique intérieure - lors de la négociation du budget communautaire ou sur la TVA où il était prêt à employer son droit de veto, mais il est très actif notamment en matière de politique étrangère commune des Vingt-cinq :
Jan Kohout
« Partout où il est question du respect des droits de l'homme, que ce soit
en Biélorussie, à Cuba ou dans certaines autres régions telles les Balkans
de l'Ouest et la Transcaucasie. »
Et les citoyens tchèques, deux années après l'entrée dans l'UE ? Euroskop,
source d'informations officielle sur l'appartenance de la Tchéquie à l'UE
indique que 70% des Tchèques sont satisfaits, contre 30% qui ne le sont
pas. La principale crainte des Tchèques, à savoir la hausse des prix des
produits alimentaires et des services ne s'est pas réalisée. Les prix, y
compris ceux du logement et des énergies, ont augmenté de 4,3%, mais
beaucoup plus le salaire moyen - de 11% et les pensions de retraite - de
14%. Bien que les Tchèques soient dans leur ensemble favorables à
l'Europe, l'accès limité sur les marchés du travail des anciens pays
membres était perçu comme une injustice.
Le jour du deuxième anniversaire
de leur intégration, l'Espagne, le Portugal, la Finlande et la Grèce leur
ont fait un beau cadeau : dorénavant, leurs marchés du travail sont
ouverts aux nouveaux membres, après la Grande-Bretagne, l'Irlande et la
Suède qui les avaient ouvert déjà il y a un an.
La France s'apprête à
rendre son marché du travail partiellement accessible à huit nouveaux
pays. La crainte que les Tchèques envahissent ces marchés ne s'est pas
réalisée non plus: à ce jour, ils sont 31 000 à travailler à l'étranger,
le plus grand nombre d'entre eux, 17 600, en Grande-Bretagne. Près d'un
millier de Tchèques sont employés dans les institutions communautaires à
Bruxelles.







