Faits et événements La République tchèque a ratifié le Traité de Lisbonne
Soulagement pour l’Union européenne : après de longs mois de blocages, la République tchèque a enfin ratifié le Traité de Lisbonne, mardi. Dans la matinée, la Cour constitutionnelle avait d’abord jugé que le traité européen était compatible avec la Constitution du pays. Puis quelques heures plus tard, le président de la République, Václav Klaus, a signé le texte. Le document qui tend à réformer le fonctionnement des institutions de l’Europe élargie peut donc entrer en vigueur dès le 1er décembre.
Václav Klaus, photo: CTK
« Je vous informe qu’aujourd’hui, à 15 heures, j’ai signé le
Traité de Lisbonne. »
Il était seize heures, mardi après-midi, lorsque Václav Klaus, qui portait une cravate noire pour l’occasion, a annoncé aux médias qu’il venait de parapher un texte dont il est un farouche opposant depuis son approbation par le Conseil européen en 2007. Le chef de l’Etat tchèque s’est exécuté une heure plus tôt dans ses bureaux du Château de Prague, loin des caméras et des appareils photos. Un détail qu’oubliera vite l’histoire européenne, qui se souviendra avant tout que la République tchèque, en tant que dernier des vingt-sept pays membres, a enfin ratifié le Traité de Lisbonne, ouvrant ainsi la voie à sa prochaine entrée en vigueur.
Photo: Commission européenne
Suite au verdict sans surprise rendu dans la matinée par la Cour
constitutionnelle, et après la dérogation à la Charte des droits
fondamentaux accordée à la République tchèque par les Vingt-sept la
semaine dernière, plus aucun obstacle n’empêchait la finalisation de la
ratification à Prague. Václav Klaus a donc respecté l’engagement
qu’il avait pris de signer le traité si ces deux conditions étaient
réunies, prenant même à contre-pied un grand nombre de ses critiques qui
s’attendaient à ce qu’il fasse traîner encore un peu les choses.
Reste que tout cela ne l’a pas empêché de critiquer la Cour
constitutionnelle et ne l’empêche pas de continuer à penser que la
République tchèque cessera d’être un Etats souverain avec l’entrée
en vigueur du Traité de Lisbonne :
« Le jugement de la Cour constitutionnelle n’est pas une analyse juridique neutre mais un plaidoyer politique partial du Traité de Lisbonne de la part de ses partisans. »
Jan Fischer, photo: CTK
Dans la foulée du président, le Premier ministre a lui aussi
contresigné le traité et mis ainsi un point final à son interminable
ratification en République tchèque. Et même s’il a affirmé ne pas
être surpris par la rapidité avec laquelle Václav Klaus a signé, Jan
Fischer n’a pas caché une certaine forme de soulagement et surtout sa
grande satisfaction :
« Je suis très content en effet qu’il en soit ainsi. J’étais convaincu que les choses se passeraient de la sorte. Le gouvernement a rempli ce qui était une de ses grandes priorités. Pour avoir parlé en privé avec le président de la République, je dois avouer que je m’attendais à ce qu’il ne retarde pas plus longtemps sa signature. »
Le dernier obstacle tchèque levé, la ratification du Traité de Lisbonne à l’échelle européenne entre donc dans sa phase de finalisation. Le texte signé par la République tchèque doit désormais être déposé à Rome, une formalité qui, selon les textes officiels de l’UE, devrait permettre l’entrée en vigueur du document dès le 1er décembre.








