Faits et événements La rénovation de l’autoroute D1 entre Prague et Brno confirmée
Autoroute tchèque la plus ancienne, la plus longue, la plus fréquentée, la plus encombrée, la plus dangereuse et la plus mauvaise, la D1, qui relie Prague à Brno, va prochainement subir d’importants travaux de rénovation. C’est ce qu’a confirmé, mercredi, le ministre des Transports, Pavel Dobeš. A partir de cet automne et jusqu’en 2018 au plus tôt, vingt-et-un tronçons d’une longueur totale de 160 kilomètres devraient être progressivement réparés. Estimé à près d’un milliard d’euros, soit 6 millions au kilomètre, le montant des travaux, crise dans l’industrie du bâtiment et des travaux publics aidant, pourrait toutefois être quelque peu revu à la baisse.
« Les travaux les plus compliqués en République tchèque » : c’est en
ces termes que le ministre des Transports présente la modernisation
prévue de l’autoroute qui relie les deux plus grandes villes du pays ;
une autoroute que les automobilistes tchèques, souvent coincés dans ses
fréquents embouteillages, n’hésitent jamais à décrier, jusqu’à la
surnommer de manière évocatrice « les escaliers vers Brno » pour son
état déplorable. A raison, il est vrai, tant la D1 (la « Dé iednitchka » comme disent les Tchèques) se transforme régulièrement en une
interminable colonne de véhicules aux moindres travaux ou accidents.
Le but des travaux sera précisément d’élargir l’autoroute en la faisant passer de ses deux voies actuelles à trois dans les deux sens. Toutefois, ces six voies sur la totalité de la longueur de l’autoroute ne sont prévues que pour… 2050. En attendant, d’ici à 2018, ce sont 160 kilomètres, divisés en vingt-et-un tronçons allant de trois pour le plus court à quatorze kilomètres pour le plus long, qui seront réparés. Et à partir de cet automne, ce sont les travaux des cinq premiers de ces tronçons qui devraient être entamés, comme l’a confirmé David Čermák, directeur général de la Direction des routes et autoroutes :
David Čermák, photo: CT24
« Nous comptons sur le calendrier optimal, c’est-à-dire avec la
signature du contrat pour le 5 octobre. Le chantier pourrait alors être
remis au fournisseur des travaux dans les jours suivants. Il ne faut pas
non plus oublier que des procédures d’appels pourraient être lancées
par les sociétés qui n’obtiendront pas le marché. Mais même dans ce
cas de figure, les travaux devraient commencer avant la fin de cette
année. »
Pour l’heure, un appel d’offres a été lancé pour la réalisation des travaux des cinq premiers tronçons, la remise des offres étant prévue pour le 16 juillet.
Pavel Dobeš, photo: CTK
Comme souvent en République tchèque pour la réalisation des travaux
publics, et notamment des routes et autoroutes, qui ont la réputation
d’être les plus chères en Europe, un des principaux problèmes de ce
projet est son prix. Toutefois, dans le cas présent, le montant au
kilomètre devrait être inférieur à celui initialement prévu dans le
projet. Le ministre Pavel Dobeš explique pourquoi :
« Etant donné la crise que traverse actuellement l’industrie du BTP, qui a enregistré une baisse de son activité de plus de 9 % par rapport aux années précédentes, et étant donné l’importante demande de travaux en provenance des entreprises du BTP, nous pouvons légitimement penser que le prix des travaux sera nettement revu à la baisse. »
Si le ministre des Transports a refusé d’être plus concret et
d’évoquer des chiffres précis, selon la presse spécialisée, l’Etat
peut espérer économiser jusqu’à 10 % sur le budget initial, soit
plusieurs centaines de millions de couronnes. A en croire la Direction des
routes et autoroutes, le prix des travaux pourrait même constituer le
critère fondamental au moment de choisir le vainqueur de l’appel
d’offres. Et leur volume de commandes ayant chuté d’environ 40 %
depuis 2008, les entreprises du BTP, pourtant plus habituées à dicter
leurs propres conditions, s’affirment prêtes à formuler des offres au
rabais.
La rénovation de chaque tronçon devrait durer onze mois, la réalisation de quatre à cinq tronçons chaque année étant prévue jusqu’à l’horizon 2018. D’ici-là, l’autoroute D1 restera plus que jamais un cauchemar pour les automobilistes tchèques.






