Faits et événements La recette des sociaux-démocrates pour faire face à la crise
La social-démocratie, principale formation de l’opposition parlementaire, a présenté, au cours du week-end écoulé, 52 propositions qui devraient atténuer les retombées de la crise financière mondiale sur la population tchèque. Les experts sociaux-démocrates devraient en discuter avec ceux du leader de la coalition gouvernementale, le Parti civique démocrate, au début de l’année prochaine.
Miroslav Kalousek et Bohuslav Sobotka, photo: CTK
Les sociaux-démocrates n’y vont pas de « main morte », c’est le
moins que l’on puisse dire. Pour parer aux effets négatifs de la crise
mondiale sur le niveau de vie de la population tchèque, ils promettent de
baisser les prix des denrées alimentaires, de verser pendant une plus
longue période les allocations aux chômeurs et de distribuer des
milliards de couronnes aux jeunes mariés, aux retraités et aux
fonctionnaires. Bohuslav Sobotka, député qui aspire au poste de ministre
des Finances dans un éventuel gouvernement social-démocrate, proposera,
dès le début de l’année prochaine, une baisse de la TVA. Il explique
la raison de ce projet :
« Le gouvernement actuel a augmenté la TVA la plus basse qui est passée de 5 à 9 %. Nous pensons qu’il serait bon d’abaisser cette TVA à environ 6 % pour une période de deux ans. Cela relancerait la consommation intérieure et conduirait à une baisse des prix des denrées alimentaires et d’autres produits, ce qui pourrait être une aide appréciable pour surmonter la crise. »
Ivan Langer et Petr Nečas, photo: CTK
Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Petr Nečas, n’est pas
du tout d’accord avec les propositions des sociaux-démocrates. Selon
lui, la baisse éventuelle de la TVA préconisée par Bohuslav Sobotka
n’entraînera pas une baisse des prix des denrées alimentaires. Les
seuls gagnants dans une telle affaire seront, d’après lui, les
commerçants qui augmenteront leurs bénéfices sans pour autant baisser
leurs prix. Il a aussi réfuté la critique social-démocrate, selon
laquelle le cabinet conduit par le Premier ministre Mirek Topolánek ne
serait pas assez actif dans la lutte contre la crise financière, en
prenant l’exemple de l’aide à l’exportation :
« Nous allons nous efforcer d’aider les sociétés pour qu’elles puissent orienter leurs exportations vers des pays qui ne font pas partie de la zone euro. Il s’agira en premier lieu de facilités de crédits représentant des dizaines de milliards de couronnes. Nous préparons toute une série d’autres mesures pour soutenir la production rentable en République tchèque qui conduiront par exemple au renforcement du secteur des services ou à la baisse du prix de la main-d’œuvre. »
Les projets des sociaux-démocrates sont absolument inacceptables pour le ministre des Finances, Miroslav Kalousek, car ils provoqueraient une hausse dramatique du déficit du budget de l’Etat. Il est d’ailleurs probable que ce déficit soit plus élevé que celui qui a été planifié dans le projet de loi des finances pour 2009 adopté par la Chambre des députés, car ce projet n’avait pas prévu la crise financière mondiale. De 38 milliards de couronnes, ce déficit pourrait bien atteindre les 70 milliards, un chiffre avancé par le ministre du Travail et des Affaires sociales, Petr Nečas. En plus de l’aide à l’exportation, le gouvernement pense plutôt baisser le taux d’imposition des entreprises et revoir le système de cartes vertes qui permettent aux étrangers de travailler en Tchéquie.







