La Radio tchèque consacre une semaine spéciale à l’eau

L’abondance d’eau en République tchèque appartient désormais au passé. Ne serait-ce qu’actuellement, à la fin du printemps, près de 75% du territoire est déjà frappé par la sécheresse. Depuis ce lundi et jusqu’à dimanche prochain, la Radio tchèque a lancé un nouveau projet baptisé « La semaine de l’eau » dont le but est d’informer les auditeurs de l’évolution de la situation.

Photo illustrative: Michaela Kobyakov / freeimagesPhoto illustrative: Michaela Kobyakov / freeimages 1,26 milliards de couronnes (48 millions d’euros) est le montant total des compensations que l’Etat tchèque a versées aux agriculteurs en 2015 en raison des mauvaises récoltes qui ont été la conséquence du temps extrêmement sec qui a régné notamment durant l’été, un des plus chauds depuis la fin du XVIIIe siècle, période à laquelle remontent les premières mesures météorologiques dans le pays. Plus généralement, toujours selon les données de l’Institut hydrométéorologique, la température moyenne en République tchèque a augmenté de 1,7 °C au cours des cinquante dernières années, et cette tendance devrait se poursuivre dans un proche avenir.

Sans être encore dramatique, la situation suscite de plus en plus d’inquiétudes, et c’est la raison pour laquelle la Radio tchèque a décidé de mieux informer ses auditeurs tout au long de cette semaine. Responsable du projet « Týden vody » - « La semaine de l’eau », Ondřej Nováček précise de quelle manière :

Ondřej Nováček, photo: Marcela Benešová, ČRoOndřej Nováček, photo: Marcela Benešová, ČRo « Les vingt stations de la Radio tchèque participent au projet. Nous diffuserons notamment une série de reportages depuis différents endroits du pays illustrant concrètement à quel point le déficit d’eau peut être problématique et les causes de ce déficit. Des hydrologues et des climatologues de renom seront également invités. Ils expliqueront aux auditeurs quelle est l’évolution attendue de la situation et comment s’y préparer. D’autres émissions nous montreront par exemple que le manque d’eau est une des causes du conflit en Syrie. Nous diffuserons également des pièces radiophoniques sur ce à quoi ressemblerait la vie en République tchèque s’il n’y avait pas d’eau. Enfin, dimanche prochain, une messe sera célébrée et diffusée sur nos ondes au cours de laquelle des intentions de prière seront formulées pour l’eau. »

Mais plus encore sans doute que de prier, c’est à réfléchir à faire évoluer leurs habitudes quotidiennes que les Tchèques, habitués à disposer d’eau potable en abondance, vont devoir apprendre :

Photo: Eva TurečkováPhoto: Eva Turečková « Les vingt dernières années ont été très probablement les plus sèches de ces cinq cents dernières années dans la région. Le problème n’est même pas le volume des précipitations. Il pleut tout autant que par le passé, mais autrement. Il pleut plus intensément mais avec des plus grands espaces dans le temps. Il pleut également essentiellement durant l’hiver, mais beaucoup moins l’été. Cela signifie que les étés sont plus secs et poussiéreux. Si on ajoute à cela la transformation du paysage par l’homme, l’eau de pluie s’écoule plus vite dans les rivières et aucune eau n’est ainsi retenue sur notre territoire. Il va donc falloir lentement mais sûrement apprendre à penser, par exemple quand nous remplissons nos piscines ou prenons une douche, à l’usage que nous faisons de l’eau. »

L’eau, une préoccupation mondiale qui devient donc tchèque également.