Faits et événements La pression des pays d’Europe occidentale se renforce sur les dirigeants ukrainiens au sujet de Timochenko

02-05-2012 16:25 | Paul Bauer

Les responsables politiques d’Europe occidentale, dont le président tchèque Václav Klaus, boycotteront le sommet des pays d’Europe centrale prévu à la mi-mai à Yalta en Crimée. Les chefs d’Etats et de gouvernement ont souhaité manifester leur soutien à l’ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko emprisonnée à la suite d’un procès considéré comme politique par les opposants au régime du président Ianoukovitch et de nombreux observateurs. Les chefs d’Etats européens menacent en outre de boycotter le championnat d’Europe de football organisé en Pologne et en Ukraine et qui débute dans dix semaines.

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Václav Klaus, photo: CTKVáclav Klaus, photo: CTK Lundi 30 avril, le président tchèque Václav Klaus a annoncé qu’il ne se rendrait pas au sommet des chefs d’Etat de l’Europe centrale initié par le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et prévu pour la mi-mai. Le sommet qui doit réunir les principaux responsables de l’Europe dans la ville de Yalta en Crimée, doit être l’occasion de discuter du rapprochement de l’Ukraine à l’Union européenne. Avec d’autres pays européens dont l’Allemagne, l’Autriche et la Slovénie, la République tchèque a rappelé son soutien à l’ancienne égérie de la « révolution orange » condamnée en octobre 2011 à sept ans d’emprisonnement ferme pour abus de pouvoir dans le cadre d’un accord gazier passé entre la Russie et l’Ukraine en 2009. Depuis le 27 avril, l’ancien Premier ministre ukrainienne a commencé une grève de la fin pour protester contre les conditions de son emprisonnement et l’absence de soins médicaux alors que sa santé s’est considérablement dégradée au cours des derniers mois.

Ioulia Timochenko, photo: CTKIoulia Timochenko, photo: CTK Le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, à déclaré en début de semaine « espérer que Ioulia Timochenko pourra consulter au plus vite des médecins compétents ». Il en outre exhorté les responsables ukrainiens à faire preuve de mansuétude et précisé que « s’il arrivait quelque chose à madame Timochenko, cela nuirait considérablement à la position de l’Ukraine en Europe. » Pour l’ancien ambassadeur tchèque à Kiev, Pavel Máša, les pressions des pays d’Europe occidentale ne devraient pas avoir d’influence sur le régime ukrainien :

Pavel MášaPavel Máša « Personnellement, je ne vois pas les raisons directes d’un changement de la position intransigeante du président ukrainien Ianoukovitch. Il s’est décidé à mener une dure politique afin de faire pression sur l’opposition et de le manifester sur la scène internationale et dans ses relations avec l’Union européenne. Dans le court terme, les pressions internationales n’auront pas de réelle influence. A long terme toutefois, cela risque d’affaiblir la politique intérieure du régime. »

Petr Drulák, directeur de l’Institut des relations internationales (IIR) à Prague, estime que malgré le désir de rapprochement de l’Europe, le changement des conditions d’emprisonnement de Ioulia Timochenko n’est pas négociable pour les responsables ukrainiens au pouvoir :

« L’Ukraine est incontestablement intéressée par un rapprochement avec l’Union européenne, un accès plus libre au marché européen, une liberté accrue du déplacement des citoyens vers les pays de l’UE et surtout de disposer d’une bonne réputation. Toutes ces choses sont actuellement en jeu mais je ne suis pas certain que le changement des conditions de détention de Ioulia Timochenko pour un traitement plus humain en fasse partie. Ce peut provoquer l’isolement de l’Ukraine. »

Alors que le président Ianoukovitch ne semble pas vouloir répondre aux injonctions des dirigeants européens sur le dossier Timochenko, les responsables des pays ouest-européens ont menacé de boycotter la coupe d’Europe de football co-organisée par la Pologne et l’Ukraine et qui doit débuter au mois de juin prochain. La chancelière allemande, Angela Merkel, dont on connaît la passion pour le football a fait savoir qu’elle ne se rendrait pas au premier match de l’Allemagne tant que l’ancienne femme forte du pays sera emprisonnée. La République tchèque est l’un des pays qui a apporté le plus de soutien aux opposants politiques du gouvernement Ianoukovitch. Prague considère que la libération de Ioulia Timochenko est une condition de la poursuite du rapprochement entre l’Ukraine et l’Union européenne. Rappelons en outre, que le mari de Ioulia Timochenko a obtenu de Prague le droit d’asile en début d’année.

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