Faits et événements La pression des pays d’Europe occidentale se renforce sur les dirigeants ukrainiens au sujet de Timochenko
Les responsables politiques d’Europe occidentale, dont le président tchèque Václav Klaus, boycotteront le sommet des pays d’Europe centrale prévu à la mi-mai à Yalta en Crimée. Les chefs d’Etats et de gouvernement ont souhaité manifester leur soutien à l’ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko emprisonnée à la suite d’un procès considéré comme politique par les opposants au régime du président Ianoukovitch et de nombreux observateurs. Les chefs d’Etats européens menacent en outre de boycotter le championnat d’Europe de football organisé en Pologne et en Ukraine et qui débute dans dix semaines.
Václav Klaus, photo: CTK
Lundi 30 avril, le président tchèque Václav Klaus a annoncé qu’il ne
se rendrait pas au sommet des chefs d’Etat de l’Europe centrale initié
par le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et prévu pour la mi-mai.
Le sommet qui doit réunir les principaux responsables de l’Europe dans
la ville de Yalta en Crimée, doit être l’occasion de discuter du
rapprochement de l’Ukraine à l’Union européenne. Avec d’autres pays
européens dont l’Allemagne, l’Autriche et la Slovénie, la République
tchèque a rappelé son soutien à l’ancienne égérie de la « révolution orange » condamnée en octobre 2011 à sept ans
d’emprisonnement ferme pour abus de pouvoir dans le cadre d’un accord
gazier passé entre la Russie et l’Ukraine en 2009. Depuis le 27 avril,
l’ancien Premier ministre ukrainienne a commencé une grève de la fin
pour protester contre les conditions de son emprisonnement et l’absence
de soins médicaux alors que sa santé s’est considérablement dégradée
au cours des derniers mois.
Ioulia Timochenko, photo: CTK
Le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, à
déclaré en début de semaine « espérer que Ioulia Timochenko pourra
consulter au plus vite des médecins compétents ». Il en outre exhorté
les responsables ukrainiens à faire preuve de mansuétude et précisé que
« s’il arrivait quelque chose à madame Timochenko, cela nuirait
considérablement à la position de l’Ukraine en Europe. »
Pour l’ancien ambassadeur tchèque à Kiev, Pavel Máša, les pressions
des pays d’Europe occidentale ne devraient pas avoir d’influence sur le
régime ukrainien :
Pavel Máša
« Personnellement, je ne vois pas les raisons directes d’un changement
de la position intransigeante du président ukrainien Ianoukovitch. Il
s’est décidé
à mener une dure politique afin de faire pression sur l’opposition et
de le manifester sur la scène internationale et dans ses relations avec
l’Union européenne. Dans le court terme, les pressions internationales
n’auront pas de réelle influence. A long terme toutefois, cela risque
d’affaiblir la politique intérieure du régime. »
Petr Drulák, directeur de l’Institut des relations internationales (IIR) à Prague, estime que malgré le désir de rapprochement de l’Europe, le changement des conditions d’emprisonnement de Ioulia Timochenko n’est pas négociable pour les responsables ukrainiens au pouvoir :
« L’Ukraine est incontestablement intéressée par un rapprochement avec l’Union européenne, un accès plus libre au marché européen, une liberté accrue du déplacement des citoyens vers les pays de l’UE et surtout de disposer d’une bonne réputation. Toutes ces choses sont actuellement en jeu mais je ne suis pas certain que le changement des conditions de détention de Ioulia Timochenko pour un traitement plus humain en fasse partie. Ce peut provoquer l’isolement de l’Ukraine. »
Alors que le président Ianoukovitch ne semble pas vouloir répondre aux
injonctions des dirigeants européens sur le dossier Timochenko, les
responsables des pays ouest-européens ont menacé de boycotter la coupe
d’Europe de football co-organisée par la Pologne et l’Ukraine et qui
doit débuter au mois de juin prochain. La chancelière allemande, Angela
Merkel, dont on connaît la passion pour le football a fait savoir
qu’elle ne se rendrait pas au premier match de l’Allemagne tant que
l’ancienne femme forte du pays sera emprisonnée. La République tchèque
est l’un des pays qui a apporté le plus de soutien aux opposants
politiques du gouvernement Ianoukovitch. Prague considère que la
libération de Ioulia Timochenko est une condition de la poursuite du
rapprochement entre l’Ukraine et l’Union européenne. Rappelons en
outre, que le mari de Ioulia Timochenko a obtenu de Prague le droit
d’asile en début d’année.






