Faits et événements La première base informatique d'ADN suscite les critiques
La société tchèque, Genomac, vient de présenter sa base de données ADN. C'est une première en République tchèque, et ce projet réalisé par une société privée qui développe ses activités dans la sphère de la génétique, est très critiqué et soupçonné même de violation des lois.
Pourquoi la société Genomac qui réalise de nombreux projets basés sur la
génétique, par exemple dans le dépistage des cancers, des maladies
héréditaires ou autres syndromes basés sur les caractéristiques de l'ADN,
s'est-elle lancée dans la création d'une base d'ADN ? C'est la première
base privée qui existe en Tchéquie en dehors de la base de données que
possèdent les services de police. Dans ce dernier cas, il ne s'agit que de
l'ADN de personnes qui ont fait l'objet d'enquêtes criminelles ou ont été
condamnées. Le directeur général de Genomac, Marek Minarik, affirme que
c'est le grand intérêt manifesté par le public qui a conduit à la création
de cette base d'échantillons d'ADN. Ces derniers sont au nombre de 3 000
pour l'instant et proviennent de personnes qui, pour diverses raisons, se
sont fait prélever un échantillon. Ces personnes peuvent, par exemple,
rechercher des proches ou des parents inconnus, comme l'explique Marek
Minarik :
Marek Minarik, photo: Zdenek Valis
« Elles peuvent contacter des personnes qui sont porteuses du même code
génétique. Jusqu'à maintenant, le quart des utilisateurs de notre service
a trouvé au moins deux personnes possédant le même profil génétique. »
Pourtant, la base de données de Genomac ne plaît pas à tout le monde. En effet, les informations génétiques pourrait être employées à des fins illicites. C'est ce qui est confirmé, par exemple, par le directeur de l'Institut de la protection des données personnelles, Igor Nemec :
« Un échantillon d'ADN contient tout sur votre personne. Cela peut représenter un certain danger, par exemple, dans le cas où vous pourriez être un donneur éventuel d'un organe. »
Photo: www.genomac.cz
D'après l'Institut de la protection des données personnelles, la société
Genomac aurait dû s'enregistrer du fait qu'elle manipule cette sorte de
données. La direction refuse une telle interprétation en s'appuyant sur
son conseil juridique, selon lequel les données ne seraient pas aussi
sensibles. Il est plus intéressant, peut-être, pour le simple Tchèque que,
d'après le résultat des analyses d'ADN publiés par Genomac, les Tchèques ne
seraient pas aussi slaves qu'on le pensait. Seulement 40 % d'entre eux
présenterait des informations génétiques semblables à celle des Slaves
occidentaux. Une surprise : un quart des Tchèques aurait des racines
génétiques romanes. Les spécialistes avancent que ces données ne sont pas
révélatrices car elles ne concernent qu'un échantillon infime de la
population et, qu'en plus, elles proviennent de personnes qui n'ont pas
été choisies selon les critères habituels pour les sondages ou études.






