Faits et événements La Prague de Mozart
C'est pour mettre un point final à l'année Mozart qu'on vient d'inaugurer l'exposition intitulée « La Prague de Mozart ». Elle réunit les documents sur les visites pragoises du compositeur et les présente dans un contexte beaucoup plus large de la vie culturelle et sociale de la capitale de la Bohême entre 1780 et 1800.
L'exposition est installée au palais Clam-Gallas, un des plus beaux
spécimens du baroque pragois qui abrite les Archives de Prague. Le
directeur des archives Vaclav Ledvinka explique pourquoi :
« Effectivement, l'endroit pour cette exposition a été bien choisi parce que Wolfgang Amadeus a donné un concert dans une des salles de ce palais lors d'un des ses séjours pragois. Vous verrez d'ailleurs dans l'exposition des documents qui sont liés à cette prestation musicale. »
Comment évoquer une époque et sa production musicale par une exposition? La musicologue Markéta Kabelkova, un des auteurs de l'exposition La Prague de Mozart, ne cache pas les difficultés d'une telle entreprise :
Wofgang Amadeus Mozart
« Celui qui veut exposer la musique ne dispose que des possibilités
limitées parce que la musique est un phénomène sonore. Il est pourtant
possible avec certaines difficultés d'évoquer la musique par des objets
matériels. Nous présentons donc entre autres des documents écrits et le
visiteur peut se faire une idée des partitions manuscrites et imprimées de
l'époque. Nous exposons aussi des affiches, des livrets et nous cherchons
à
illustrer la musique également par l'image, notamment par des portraits de
musiciens qui pourtant étaient assez rares à cette période. Parmi les
objets les plus précieux il y a le manuscrit autographe de la partition de
Six danses allemandes (Köchel 509) que Mozart a composé à Prague très
probablement pour un bal donné par le comte Jan Josef Filip Pachta. »
Palais Clam-Gallas
Toute une série de documents (livret, affiche, partition) est liée avec la
première pragoise de l'opéra Don Giovanni. On trouve au palais Clam-Gallas
également le clavecin dont les touches se rappellent encore les doigts de
Mozart, mais aussi de nombreux objets évoquant la vie, les goûts et le
style de l'époque : une série de gravures de Prague, une collection
d'éventails, des spécimens d'art vestimentaire. Et on finit par ce
demander pourquoi la société pragoise de la fin du XVIIe siècle était si
ouverte et si sensible à la musique d'un compositeur que Vienne et
l'Autriche accueillaient plutôt tièdement. Selon Marketa Kabelkova il n'y
a
pas de réponse simple à cette question :
« A Prague il y avait beaucoup de musiciens très instruits, on y jouait la production musicale d'Europe centrale. En 1786 on y a donné l'Enlèvement au sérail qui a été la première oeuvre scénique de Mozart présentée à Prague et déjà cet opéra a suscité un grand enthousiasme. Ensuite c'était Les Noces de Figaro, également en 1786, et le succès de cet opéra a valu à Mozart une invitation à Prague. Il y avait dans cette ville une tradition des productions d'opéras depuis les années trente du XVIIIe siècle. A l'époque on vivait avec la nouvelle musique, tout ce qui était plus vieux de trente ans devenait esthétiquement inacceptable. Ces gens-là étaient tout simplement capables de saisir les qualités de cette musique. »
Vous pouvez visiter l'exposition La Prague de Mozart et aussi les beaux
intérieurs du palais Clam-Gallas jusqu'au 28 janvier prochain.






