Faits et événements La photographie artistique française et la question de l’intime au Musée Kampa de Prague
Le musée Kampa accueille jusqu’au 20 janvier 2009 une exposition intitulée Intim/ita, ou la question de l’intime dans la photographie contemporaine. Isabelle de Montfumat, qui avait déjà organisé à Paris une exposition sur le peintre tchèque Karel Malich, est commissaire de cette exposition pragoise :
Jean-Marc Bustamante, 'S.I.M., 1997' « J’ai le plaisir de présenter 27 œuvres parmi 650 œuvres de la
collection Neuflize Vie/ABN AMRO sur le thème du regard de l’intime et
de l’intimité. Vous allez pouvoir, dans ces 3 salles successives, voir
tout d’abord les œuvres un peu emblématiques des artistes français
tels que Sophie Calle ou Annette Messager qui, sans a priori, explorent le
corps ou l’intimité de manière presque familière, ou avec Gilles
Saussier, qui est un jeune artiste français qui monte de plus en plus. On
va poursuivre, tel un cabinet de curiosités où se confrontent et se
mêlent la photographie moderne et contemporaine, avec des portraits pris
à l’insu comme celui de Fabien Mara qui prend Yves St-Laurent à son
insu, ou tout simplement celle de Michel Foucault avec Martine Frank qui
elle, d’une certaine manière, « portraitise » Michel Foucault, ce
grand écrivain. Dans ce cabinet de curiosités, j’ai souhaité vraiment
mêler ces deux aspects de la photographie parce qu’il me semblait
intéressant de voir comment la photographie moderne dite plus classique
interpellait la photographie contemporaine dite plus étrange, et comment
cela s’interpénétrait pour poursuivre vers un rapport à la fois
stigmatisé et un rapport plus fictionnel sur la photographie
contemporaine, avec cette idée de la manière dont on appréhende l’ère
des médias et la façon dont l’artiste, plus exactement, reçoit ce
rapport entre cette fiction des médias et ce rapport à la réalité
photographique. On peut voir aussi comment la photographie est
interprétée ; soit de manière architecturale, sans humanité presque
mais dans un rapport très intime où on a l’impression d’être presque
chez soi, ou avec ce visage stigmatisé de Valérie Belin, qui nous
rappelle combien nous sommes à la fois dans cette ère très proche d’un
être qui a compté beaucoup dans l’actualité des médias pendant des
années et qui est, étrangement, à la fois intime et impersonnel. »
Valérie Belin, 'Michael Jackson #1', 2003
Vous faites référence à la photo de Michael Jackson – qui n’est pas
Michael Jackson. Pourquoi cette photo a-t-elle été choisie comme affiche
de l’exposition ?
Marc Riboud, 'Angkor', 1990 « Je pense tout simplement pour peut-être un peu provoquer une
réaction, pour dire au public tchèque que finalement la photographie
contemporaine était aussi un art, était un façon de s’imposer comme
art en tant que tel. Et pour quelques voyages que j’ai pu faire à
travers le monde, je peux très bien comprendre combien la photographie est
difficilement acceptée dans l’art en tant que tel. Je crois que c’est
une réalité aujourd’hui que la photographie devienne véritablement un
art en tant que tel et c’est ce que j’ai souhaité montrer ici à
travers cette collection. »
Vous avez beaucoup travaillé sur des artistes tchèques. Ce sont ici des artistes français qui sont exposés, mais connaissez-vous des artistes tchèques qui auraient pu entrer dans le cadre de cette exposition ?
« C’est un peu la question que je me pose. Bien sur, Josef Koudelka pourrait tout à fait entrer dans ce cadre. Ou même Kolář, d’une certaine manière, aurait pu entrer dans ce type de manifestation avec ce rapport intime à la fois à l’art contemporain et à la photographie. Ce sont les deux grandes figures auxquelles je pense instinctivement. »










