Faits et événements La Passion grecque de Martinu à Brno : un événement
Dimanche 16 janvier, a eu lieu au Théâtre national de Brno la première de La Passion grecque, le dernier et le plus grand opéra de Bohuslav Martinu.En écrivant, dans les années 1950, cet opéra à la fois parabole et actualisation d'un sujet biblique, Martinu s'était inspiré du roman « Le Christ recrucifié » de Nikos Kazantsakis.
La Passion grecque, photo: CTK
C'est grâce à une coproduction avec le Théâtre Royal Covent Garden de
Londres que le public de Brno a pu assister, dimanche, à cette production
mise en scène par David Pountney, dans les décors grandioses de Stefan
Lazaridis et sous la direction du chef d'orchestre germano-danois
Christian von Gehren. Patricie Castkova, responsable du programme de
l'opéra du Théâtre national de Brno, explique la genèse de ce spectacle :
"Pour situer le début de cette production, il faut revenir quelques années en arrière, à l'époque où le musicologue Ales Brezina a reconstruit la première version dite "Londonienne" de cet opéra de Bohuslav Martinu, version qu'on allait présenter au festival de Bregenz. Ensuite, cette production a été transférée au Théâtre Covent Garden où elle a figuré au répertoire jusqu'à l'automne dernier. On l'a choisi pour clôturer, avec éclat et solennité, à Brno, le festival La Musique tchèque 2004. A Brno, l'opéra est interprété, dans la majorité des cas, par les solistes qui l'ont chanté au Covent Garden et au festival de Bregenz. Le rôle de Manolios est campé par Matthew Elton Thomas, celui de Fotis par Sir Willard White, Gregoris par Peter Sidhom et Katerina par Marie McLoughlin. Et, bien sûr, il y a aussi quelques solistes de notre théâtre, dont Richard Novak dans le rôle du Vieillard."
Pour cette production, on a donc utilisé la première version de l'opéra, longtemps restée inconnue, version originale qui n'avait pas été remaniée. Patricie Castkova explique la différence entre les deux versions :
La Passion grecque, photo: CTK
"J'aimerais dire que, dans le second cas, il ne s'agit pas, en
réalité, d'une version remaniée, parce que ce sont deux oeuvres
indépendantes et assez différentes. Lorsque le première version a été
refusée, en 1957, par l'opéra Covent Garden, Martinu a donné différents
éléments de la partition à des amis. Les éléments de la partition étaient
donc disséminés dans des archives et on ne pouvait pas la jouer avant la
reconstruction réalisée par Ales Brezina. Je crois que c'est très bien que
les deux versions existent, les deux sont très belles. On peut dire
cependant que la première version, celle que nous jouons, est plus
dramatique, plus théâtrale, et plus concise que la seconde. Je regrette
beaucoup que cette production ne soit présentée à Brno que trois fois,
parce que je me suis prise d'affection pour elle. Malheureusement, pour
des raisons techniques, on ne peut pas donner plus de reprises."







