Faits et événements La montée de l’extrême droite, cause principale de la fuite des Roms
Le gouvernement a approuvé, mardi, l’analyse sur la situation de la communauté rom dans le pays présentée par le ministère en charge des Droits de l’homme et des Minorités. La publication de ce rapport fait suite à la décision prise par le Canada, la semaine dernière, de réintroduire une obligation de visa pour les Tchèques désirant voyager au Canada, et ce en réaction au nombre grandissant de demandes d’asile émanant majoritairement de Roms tchèques. Selon le document, l’augmentation des manifestations d’extrémisme en République tchèque serait la principale raison de l’exode des Roms pour le Canada ces derniers mois.
La montée de l’extrême droite pour laquelle une partie de la population
manifeste une certaine forme de sympathie ou fait preuve de compréhension
serait à l’origine du sentiment d’exclusion que ressentent les Roms.
Toujours selon le même rapport, leur faible niveau de vie et la
discrimination générale dont ils se sentent victimes sont également des
facteurs qui les motivent à quitter le pays. Responsable du conseil
gouvernemental en charge des questions relatives à la minorité rom,
Gabriela Hrabaňová explique qu’en émigrant, les Roms cherchent avant
tout à fuir la discrimination :
Gabriela Hrabaňová
« D’une manière générale, c’est une volonté d’améliorer leurs
conditions de vie. Il ne s’agit pas seulement d’un sentiment
d’insécurité provenant des manifestations des groupes d’extrême
droite, mais aussi de toutes les formes de discrimination auxquelles les
Roms sont confrontés dans diverses situations de la vie quotidienne, que
ce soit dans les commerces, au travail ou dans la recherche d’un
logement. Autant de situations avec lesquelles les partisans de
l’extrême droite n’ont rien à voir. »
Michael Kocáb, photo: CTK
Le ministre en charge des Droits de l’homme et des Minorités a
toutefois précisé que si les raisons de cette vague d’émigration ont
pu être clairement établies, elles n’ont toutefois pas été
concrètement définies en chiffres. Selon Michael Kocáb, il s’agit là
toutefois d’un problème qui n’est pas propre à la République
tchèque, mais auquel est confronté l’ensemble de l’Europe.
Le rapport laisse néanmoins apparaître que les conditions de vie des Roms en République tchèque sont insatisfaisantes à plus d’un point. Ainsi, un quart des écoles primaires du pays situées à proximité des zones dites d’exclusion habitées par les Roms n’offrent pas les mêmes conditions d’enseignement selon les origines des enfants. Par ailleurs, une étude réalisée l’année dernière par la Banque mondiale a établi que plus de la moitié des Roms tchèques en âge de travailler étaient sans emploi et n’étaient même pas inscrits au chômage. Enfin, le salaire moyen des Roms exerçant une activité professionnelle dépasse à peine 40 % du salaire moyen dans l’économie tchèque. Un faible montant des revenus qui s’explique toutefois partiellement par un niveau d’éducation général au sein de la minorité rom lui aussi nettement inférieur à la moyenne.






