Faits et événements La flexibilité du travail dans l'Europe des 25
A l'occasion de la tenue, à Londres, du troisième Forum social européen, des spécialistes tchèques et français ont organisé, les 13 et 14 octobre, à l'Institut français de Prague, leur mini-forum à eux. La place des femmes dans la société, la mobilité urbaine et la flexibilité du travail ont été au menu des débats. Au cours de son intervention, Jean-Michel Olivier, professeur à l'Université française Paris 2, a examiné les risques et les avantages de la flexibilité du travail. Est-elle une recette miracle permettant de réduire le chômage ?
Photo: Commission européenne
"Il faut une certaine dose de flexibilité, mais trop de flexibilité,
c'est également dangereux. Il y a des effets induits qui peuvent être
pervers pour l'entreprise et la compétitivité des entreprises. Une recette
miracle pour le plein-emploi, pour résorber le chômage et assurer la
compétitivité des entreprises, ça n'existe pas. Il y a toute une série de
facteurs sur lesquels on peut jouer, y compris le temps du travail, c'est
aussi une forme de flexibilité. Mais il ne faut pas croire que la
flexibilité résoudra tout."
Un des risques de la flexibilité est, en France comme en République tchèque, l'insécurité sociale du travailleur, notamment la précarité, c'est-à-dire le fait de multiplier des contrats de travail de courte durée. Jean-Michel Olivier.
"On veut faire en sorte qu'il y ait un noyau dur des salariés en CDI et puis qu'il y ait d'autres salariés, dont on pourra se priver assez rapidement, si on leur fait par exemple un contrat de trois mois. On peut jouer avec cette main-d'oeuvre qui est un peu sous-protégée. C'est une des formes de la flexibilité externe. Je suis persuadé que vous, les nouveaux Etats membres de l'UE, vous êtes déjà confrontés à ces problèmes-là. Est-ce que les réponses seront les mêmes que chez nous ? Est-ce qu'on pourra, éventuellement, avoir une réglementation au niveau européen ? Nous avons déjà des directives sur des contrats de travail à temps partiel. Je crois qu'inévitablement, ces problèmes vont se retrouver un peu partout et pas seulement en Europe."





