Faits et événements La faculté de droit de Plzeň délivrera en automne ses derniers diplômes
La faculté de droit de l’Université de Plzeň devrait définitivement fermer ses portes au plus tard avant le 31 octobre prochain. La commission d’accréditation du ministère de l’Education n’a pas reconduit le droit de la faculté de délivrer des diplômes de second cycle. Les 1 800 étudiants inscrits en droit seront par conséquent réorientés vers d’autres facultés du pays.
La faculté de droit à Plzeň
Plus de deux ans après l’éclatement du scandale de plagiat et de
falsification des diplômes au sein de la faculté de droit de
l’Université de Bohême de l’Ouest à Plzeň, la commission
d’accréditation du ministère de l’Education a annoncé qu’elle ne
prolongerait pas le droit donné à la faculté de délivrer des diplômes
de Master. Cette décision signe donc la fermeture de la faculté avant le
début de la prochaine année universitaire.
On se souvient qu’il y a deux ans, la directrice de la commission d’accréditation des diplômes et professeure en sciences politiques à l’Ecole supérieure d’économie (VŠE), Vladimíra Dvořáková, avait dénoncé l’existence d’un système frauduleux permettant à des organisations criminelles de faire engager des fonctionnaires haut placés à des postes-clefs de l’administration publique et privée. Cette histoire sans précédent dans le pays avait, en outre, conduit au contrôle par le procureur général des diplômes de l’ensemble des représentants de l’Etat. Depuis cette affaire, la faculté est dans le collimateur de la commission chargée de veiller à la qualité de l’enseignement supérieur dans le pays. Or, au terme de deux années de suivi de la qualité de l’enseignement, la commission a constaté que la situation ne s’était guère améliorée malgré les nombreux avertissements relatifs à des manquements graves dans la réalisation du programme d’études. C’est ce qu’a affirmé hier la présidente de la commission d’accréditation qui a rendu publique la décision :
Vladimíra Dvořáková, photo: CT24
« Durant l’année et demie qui vient de s’écouler, la situation de
la faculté s’est détériorée. La dernière réunion à laquelle a pris
part l’ancienne rectrice de la faculté, a eu lieu l’an dernier au mois
de juin. Nous avons alors signalé l’existence de très sérieux
problèmes concernant la situation de l’emploi dans la faculté et la
qualité du travail scientifique. En outre, la faculté courrait également
le risque de voir partir un nombre significatif du personnel enseignant.
C’est la raison pour laquelle nous avons énergiquement insisté sur le
fait que la faculté devait mettre en place une résolution globale de la
sécurité de l’emploi dans la faculté. »
Jan Pauly, photo: CTK
Malgré les avertissements répétés de la commission à l’adresse des
responsables de la faculté de droit, l’annonce de la fermeture de
l’établissement a été reçue avec surprise et a soulevé
l’indignation des enseignants et des étudiants. Le doyen de
l’Université, Jan Pauly, dénonce le fait que la commission
d’accréditation n’ait pas pris en compte le travail réalisé depuis
juin 2011 par la nouvelle direction de la faculté. Celle-ci a en effet
procédé à un renouvellement du corps enseignant dans le cadre de trois
campagnes de recrutement en vue de répondre aux critères définis par la
commission. La représentante de la faculté de droit de Plzeň au sein du
Sénat académique de la République tchèque, Rudolfina Knotová, rappelle
à son tour ne pas comprendre la décision prise par la commission qui,
selon elle, n’a pas pris la mesure des changements réalisés au cours
des derniers mois :
« Si je peux parler au nom des étudiants, je dois dire que l’annonce de la commission nous a profondément choqués. Personne ne s’y attendait. Il y a eu pourtant beaucoup de changements significatifs : de nombreux excellents pédagogues ont été récemment recrutés, des pédagogues qui peuvent garantir l’enseignement, c’est-à-dire des gens qui disposent du titre de professeur et de maître de conférences. En outre, les enseignants qui n’avaient que des postes à temps partiel ont été recrutés sur des postes à temps plein. Tout a été fait afin de remplir les attentes de la commission d’accréditation et tous les responsables de la faculté ont le sentiment que toutes les attentes ont été honorées ».
Jiří Pospíšil
De son côté, le ministre de la Justice, et ancien doyen de la faculté
de droit de Plzen, Jiří Pospíšil (ODS), reconnaît toutefois et non
sans amertume, que le sort de l’université a été scellé lors du
départ, l’an dernier, du groupe d’enseignants proches du professeur de
droit renommé, Karel Eliáš:
« J’ai exhorté l’ancien doyen de la faculté, le professeur Růžička à négocier avec les gens proches du professeur Eliáš afin que ces derniers restent dans la faculté. Avec leur départ, la faculté a dû fermer sans équivoque »
Si les étudiants de fin de second cycle pourront soutenir leurs mémoires de diplôme avant le 31 octobre, date qui marquera la fin du droit de la faculté à dispenser les Master, les quelques 1 800 autres étudiants seront toutefois contraints d’être réorientés vers d’autres établissements de la république tchèque. Pour l’heure, les étudiants de la faculté de droit ont annoncé par la voix de leur représentante, Rudolfina Knotová, la tenue, ce jeudi, d’une manifestation de soutien aux responsables de la faculté et signifier par la même occasion leur opposition vis-à-vis de la décision de la commission d’accréditation.






