Faits et événements La crise financière n’afflige pas tellement la Tchéquie mais la préoccupe quand même
Pas de panique dans les banques tchèques, les économistes se veulent rassurants, le gouvernement et la banque centrale de même, mais certains Tchèques commencent à craindre pour leurs économies dans le cas où ils les ont placées dans des fonds, surtout les fonds d’investissements ou « Hedge Funds ».
Photo: CTK
Alors que les banques centrales des Etats-Unis, de la zone euro, de la
Grande-Bretagne et d’autres pays menacés par la crise financière
actuelle ont décidé d’aider leurs institutions bancaires en diminuant
leurs taux d’intérêt de 0,5 %, la banque centrale tchèque, ČNB, dont
le conseil d’administration s’est réuni ce jeudi, n’a pas suivi ce
mouvement. Pourtant, certains économistes tchèques s’attendaient à ce
que les taux d’intérêt tombent en dessous des 3,5 % actuels.
D’autres, comme David Marek de la société Patria Finance, affirment que
la baisse des taux d’intérêt tchèques n’est pas urgente. Il ajoute
cependant :
« La situation de l’économie mondiale et des marchés financiers change très rapidement aujourd’hui. La République tchèque a, très certainement, besoin de plus faibles taux d’intérêt, mais les conditions changent plus rapidement que nous ne le pensions il y a quelques mois, alors que l’espace économique plus lentement. Dans ce cas, la politique monétaire choisie est tout à fait sensée. »
Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan avec son homologue tchèque, Mirek Topolánek, photo: CTK
Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolánek, en visite officielle en
Turquie, a sévèrement critiqué l’Union européenne et les mesures
qu’elles a prises pour enrayer la crise fiancière. Il n’est pas
d’accord avec les réactions de certains Etats européens qui, d’une
certaine manière, nuisent à la confiance envers l’Union européenne et
violent même les règles budgétaires de celle-ci. On l’écoute :
« Si nous avions déjà adopté l’euro, nous serions dans le même pétrin que les autres, mais, Dieu merci, nous avons la couronne. Ce qui se passe, comme par exemple la pleine garantie des dépôts bancaires, est une chose honteuse, car cela conduit au mouvement des dépôts et des placements des épargnants. Cela nuit à la bonne liquidité dans un Etat ou est la cause, plutôt, de l’amélioration de la situation dans un Etat aux dépends d’un autre. Toutes ces mesures sont absolument artificielles, elles sont complètement contre la raison d’être de l’Union et je dois dire que c’est une grande désillusion. »
Alors que les fonds d’investissements étaient très appréciés avant
la crise, car les Tchèques les considéraient comme les placements les
plus sûrs, aujourd’hui, beaucoup d’entre eux commencent à perdre
patience. Les « Hedge Funds » sont les plus touchés et disposent de
moins en moins de liquidité. Les épargnants, même à perte, retirent
leur argent pour le placer ailleurs. Le plus gros fonds ouvert tchèque,
Sporoinvest qui fait partie des fonds du marché monétaire, vient
d’être touché par la crise islandaise. Česká spořitelna (Caisse
d’épargne tchèque) qui administre ce fonds, affirme que cela n’est
pas grave, car son exposition en Islande n’est que de 1,5 %. Les
épargnants commencent pourtant de plus en plus à retirer leur argent,
même si les économistes recommandent d’attendre. La question du simple
épargnant est cependant : jusqu’à quand ?







