Faits et événements La crise financière mondiale frappe aussi la Tchéquie
La crise financière mondiale a fait son entrée en Tchéquie en touchant surtout le secteur des exportations mais aussi celui de l’emploi. D’après les économistes, les conséquences sont beaucoup plus importantes qu’on ne le pensait.
Les premières analyses des retombées de la crise financière ont
confirmé le ralentissement de la croissance économique, beaucoup plus
important que ne le prévoyait l’Office des statistiques tchèques. Les
chiffres du commerce extérieur, par exemple, se sont retrouvés dans le
rouge dès le mois d’octobre, avec une baisse de 4 milliards de
couronnes. En comparaison avec l’année dernière, cette baisse est même
de plus de 12 milliards, le plus mauvais résultat depuis 1994 ! Martin
Lobotka de la Česká spořitelna (Caisse d’épargne tchèque) à propos
de cette baisse spectaculaire :
« C’est vraiment une surprise, car on s’attendait à un excédent de
8 milliards de couronnes. Le facteur le plus important jusqu’à
maintenant est la baisse importante des exportations dans le secteur de la
mécanique, donc des véhicules automobiles et de toutes sortes de
machines. Je ne suis pas surpris que cela soit arrivé, mais je ne m’y
attendais pas au mois d’octobre déjà. »
Il faut rappeler que deux Tchèques sur trois travaillent pour l’exportation. Ainsi donc, bon nombre d’entreprises sont obligées de licencier en raison de la perte de commandes de leurs clients étrangers. Le ministère du Travail et des Affaires sociales indique que le taux de chômage a augmenté pour atteindre les 5,3 %, au mois de novembre. Petr Dufek, économiste de la ČSOB (Banque commerciale tchécoslovaque), se montre pessimiste :
« Les entreprises ont surtout licencié des employés étrangers, ce qui ne s’est pas reflété dans les chiffres. Nous devons nous préparer à un taux de chômage qui pourrait s’élever à 5,8 %, à la fin de l’année. L’année prochaine, il pourrait être de 7 %, ce qui représente 65 000 chômeurs de plus qu’aujourd’hui. »
Les prévisions ne sont vraiment pas roses : une entreprise tchèque sur
quatre compte limiter sa production. Le géant tchèque de l’automobile,
Škoda Auto, a déjà annoncé un débrayage de trois semaines pour la fin
de l’année et le début de 2009. Škoda Auto a commencé les
licenciements d’employés qui ne sont pas sous contrat. Le ministre des
Finances, Miroslav Kalousek, propose une aide aux constructeurs automobiles
avec un projet de loi qui permettrait à tous ceux qui possèdent une
licence professionnelle de décompter la TVA lors de l’achat d’une
voiture individuelle, ce qui pourrait relancer le marché. Jan Švejnar,
économiste américain d’origine tchèque, ex-candidat à la présidence
de la République, affirme qu’avec 80 % du PIB créés par
l’exportation, il faut trouver de nouveaux marchés pour remplacer ceux
de l’Europe de l’Ouest, bien que le ralentissement de la croissance
économique soit inévitable.






