Faits et événements La crise constitutionnelle risque d’avoir un impact négatif sur l’économie du pays

04-09-2009 16:40 | Jaroslava Gissübelová

Dans quelle mesure la suspension de la tenue des élections législatives anticipées peut mettre en péril le fonctionnement de l’économie tchèque ? Existe-t-il une menace réelle que l’actuelle instabilité politique aggrave les problèmes découlant de la crise économique mondiale ?

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Václav KlausVáclav Klaus A cet égard, politiciens et économistes sont unanimes pour répondre par l’affirmative. Citons en premier le président Václav Klaus, pour lequel « il est dans l’intérêt public que les législatives se tiennent le plus tôt possible car le pays a besoin d’un gouvernement qui dispose d’un mandat politique clair pour mener le pays en période de crise économique et régler les problèmes graves qui en découlent et qui touchent des millions de citoyens tchèques ».

D’après Jan Fischer, qui dirige le gouvernement intérimaire d’experts, le report des élections met en danger l’adoption du budget pour 2010 qui s’annonce déjà compliquée, vu le déficit record établi à 230 milliards de couronnes :

Martin Pecina et Jan Fischer, photo: CTKMartin Pecina et Jan Fischer, photo: CTK « Nous concernant, nous considérons la situation budgétaire de la République tchèque comme très grave, ce qui est une raison pour ne pas repousser les élections, et ce afin que nous puissions soumettre le projet de budget pour 2010 à la nouvelle Chambre des députés issue des législatives. Le report des élections d’un mois ou sine die augmente le risque que le pays entre en 2010 avec un budget provisoire. »

Le ministre de l’Intérieur, Martin Pecina, a évalué à plus de 120 millions de couronnes le montant des préparatifs pour l’organisation des élections législatives anticipées. Or il n’en serait probablement rien en cas de report :

« Si les élections étaient organisées à une autre date, nous interromprions les préparatifs actuellement en cours pour les élections prévues les 9 et 10 octobre, et nous recommencerions à zéro, avec un nouveau délai de 60 jours pour préparer les nouvelles élections reportées. La somme de plus de 100 millions de couronnes déjà dépensée pour la présente campagne serait probablement perdue… »

Pour ce qui est des économistes et analystes, ils sont d’accord pour dire que l’incertitude politique, si elle dure trop longtemps, risque de décourager les investisseurs directs à placer leurs capitaux dans notre pays. L’analyste de la banque ČSOB Petr Dufek dénonce l’impact néfaste de la crise politique sur l’évolution des finances publiques et la date de d’adoption de l’euro :

« Pour l’économie tchèque, il serait souhaitable que le pays ait un gouvernement disposant d’un mandat fort lui permettant de relancer la réforme nécessaire des finances publiques, de faire adopter le budget de l’Etat pour 2010, sans oublier les mesures anti-crise complémentaires destinées à atténuer l’impact de la crise économique sur l’économie tchèque. »

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