Faits et événements La Cour constitutionnelle permet la restitution éventuelle des biens de la famille Salm
La Cour constitutionnelle vient de donner gain de cause aux héritiers de Hugo Salm, un noble gros propriétaire terrien, dont les biens avaient été confisqués sur la base des Décrets du président Benes. Cette décision pourrait permettre la restitution de ces biens.
Château de Rajec nad Svitavou
La décision prononcée par le juge Frantisek Duchon, de la Cour
constitutionnelle, est claire : « Les précédents verdicts ont violé la
Déclaration des libertés et droits fondamentaux. » D'après l'avocat de la
famille Salm, Felix Nevrela, les tribunaux avaient déjà donné gain de
cause à ses clients, mais les offices fonciers attendaient le verdict
concernant la nationalité de Hugo Salm. En effet, pour que ses héritiers
aient droit à la restitution des biens, il fallait impérativement que Hugo
Salm ait possédé la nationalité tchécoslovaque. Le ministère de l'Intérieur
avait certifié que ce dernier n'était pas citoyen tchécoslovaque après la
Deuxième Guerre mondiale. La Cour constitutionnelle a attiré l'attention
sur l'existence d'un certificat sur la nationalité tchécoslovaque de Hugo
Salm, daté du mois de mars 1946. Les juges constitutionnels ont admis que
la décision sur cette nationalité tchécoslovaque n'avait eu qu'un
caractère temporaire, mais le ministère de l'Intérieur aurait dû en tenir
compte. En plus de cela, l'avocat des Salm, Felix Nevrela, a affirmé que
la décision du ministère de l'Intérieur était basée sur une norme
juridique qui n'était plus valable, le décret du président Benes numéro 33
de l'année 1945, aboli déjà en 1949. La Cour constitutionnelle lui a donné
raison en déclarant qu'un décret aboli ne pouvait, en aucune sorte,
influencer les rapports juridiques contemporains. Les héritiers de Hugo
Salm ont, certes, admis que leur aïeul avait pris la nationalité allemande
sous l'Occupation, mais il avait agi sous la forte pression des autorités
allemandes de l'époque. Les juges constitutionnels ont rappelé que Hugo
Salm était alité pendant l'Occupation, mais que même dans cet état, il
avait aidé des partisans et matériellement les familles de personnes
emprisonnées par les nazis. Les historiens affirment, eux, que Salm était
membre de trois organisations nazies et ses enfants de la Hitlerjugend...
Marie Salm-Reifferscheid, photo: CTK
Sa fille, Marie Salm-Reifferscheid, a indiqué aux journalistes que son
père ne s'était jamais considéré comme un Allemand, car il ne les aimait
pas tellement. Il défendait toujours les intérêts de ses employés. Les
héritiers de Hugo Salm pourraient donc restituer dans les 7 000 hectares
de terres dans la région de Blansko, en Moravie du sud, y compris le
château de Rajec nad Svitavou. Ils pourraient aussi restituer les terrains
qui se trouvent au-dessus d'une grande attraction touristique de la
Moravie, les grottes, dont la célèbre Macocha, le plus profond abîme
tchèque. Selon la loi, ils ne pourraient, par contre, avoir droit aux
espaces souterrains. De toute manière, il s'agit de biens représentant une
valeur de plusieurs milliards de couronnes tchèques. Pour les propriétaires
actuels de ses biens, en majeure partie les Eaux et Forêts tchèques, il est
trop tôt pour tirer les conséquences du verdict de la Cour
constitutionnelle. Elle a décidé de la nationalité de Hugo Salm et non pas
des droits à la restitution.






