La corruption en Tchéquie inquiète les investisseurs étrangers

La République tchèque serait-elle un royaume de la corruption ? Certains des investisseurs étrangers en sont persuadés. Le problème les tracasse à tel point qu'ils ont décidé de confier leurs soucis à Günter Verheugen, commissaire européen à l'élargissement. A Bruxelles, les entrepreneurs de cinq pays de l'UE, installés en République tchèque, se sont plaints de l'administration publique sclérosée, de ses employés lents, incompétents et corrompus et des lacunes dans les lois tchèques. "La Tchéquie est un pays, où l'on doit payer pour la flexibilité et la rapidité", a dit Nils Sifverschiöld, Président de la Chambre de commerce suédoise. Les sommes que les investisseurs européens ont évoquées, à Bruxelles, donnent le vertige : plus de 1600 euros, par exemple, pour un prompt enregistrement d'une société anonyme... Les autorités tchèques se défendent. "Une telle généralisation est absolument inacceptable", tempête le ministre de la Justice, Jaroslav Bures, en demandant aux entrepreneurs étrangers de citer des exemples concrets. Un appel qui va, probablement, rester sans écho : après avoir interrogé, à ce sujet, quelques-uns des grands investisseurs étrangers en République tchèque, le quotidien Mlada fronta Dnes s'est aperçu que la plupart d'entre eux ne voulaient pas critiquer l'Etat tchèque à haute voix. Cela s'explique, tout simplement, par peur d'avoir encore plus de problèmes avec les autorités que jusqu'à présent. Il n'empêche que ceux, reçus par Günter Verheugen, ont appelé l'UE à être rigoureuse, en évaluant, dans son prochain rapport, les préparatifs de la Tchéquie à l'entrée à l'UE.