Faits et événements La compagnie Lux in Tenebris : « Havel est un auteur qui ne triche pas »
Le 15 juillet prochain, le théâtre Husa na provázku, une compagnie tchèque de Brno, présentera une version internationale de sa pièce « Cirkus Havel » au Festival d'Avignon. Un mois avant la tenue de cet événement exceptionnel qui rendra hommage à l'ancien président-dramaturge Václav Havel, nous vous proposons de rencontrer, sur Radio Prague, le comédien et directeur artistique de la compagnie Lux in Tenebris, Jean-Pierre Plazas qui avait présenté, à plusieurs reprises, à Avignon, ainsi qu’en République tchèque, ses mises en scènes des pièces de Havel. Jean-Pierre Plazas et son épouse et metteuse en scène Marie-France Soulagnet nous parlent de leur adaptation théâtrale des « Lettres à Olga » de Václav Havel.
Marie-France Soulagnet et Jean-Pierre Plazas
J.-P. : « Nous avons joué cette pièce à Avignon, dans plusieurs
théâtres en France et ensuite, nous avons eu l’idée de la jouer au
cinéma, dans le cadre des soirées exceptionnelles. Nous avons donc joué
le spectacle en première partie et ensuite, après un petit casse-croûte
avec les spectateurs, nous avons projeté un film tchèque. La dernière
fois, c’était ‘Moi qui ai servi le roi d’Angleterre’, un film
exceptionnel sur le pouvoir de l’argent. On continue à présenter ce
projet, on voyage avec lui d’un cinéma à l’autre. Je sais qu’un
film tchèque vient de sortir en salles, il s’appelle ‘Alois Nebel’
et il a beaucoup de succès en France. C’est un film très fort qui parle
aussi de l’époque du communisme en Tchécoslovaquie. J’ai donc
l’intention de présenter prochainement le spectacle ‘Lettres à
Olga’ accompagné de ce film d’animation. »
Qu’est-ce qui vous attire le plus dans le théâtre de Havel ?
M.-F. : « L’humain. Tout ce qu’il dit sur l’être humain, les émotions, la sensibilité. Et la vérité ! C’est quelqu’un qui ne triche pas, son théâtre est un théâtre sincère. »
Cirkus Havel', photo: Husa na provázku
J.P. : « Je suis d’accord. Aussi, Havel est un auteur qui trouble. En
même temps, il peut nous faire sourire, même dans le désastre, parce
qu’il y a ce côté absurde, paradoxal. Mais son théâtre ne devient
jamais grotesque. Il y a toujours cette petite souffrance et cet espoir
derrière… Evidemment, Havel ne donne pas de leçon, il se garde de
donner une morale. Il montre juste ce qu’il veut montrer. »
Existe-il un autre auteur tchèque qui vous intéresse ?
J.P. : « Nous connaissons Kundera, bien sûr, mais c’est un auteur particulier… Plus généralement, nous connaissons un auteur polonais, Tadeusz Kantor. Son théâtre est tout aussi fort et bouleversant. Quand j’ai joué ‘Audience’ de Havel, je me rappelle que certaines personnes ont été clouées, elles ont pu se sentir comme des voyeurs. Par exemple, une dame m’a dit qu’elle avait eu l’impression de participer à une ‘danse macabre’. C’est justement ce trouble qui m’intéresse. Parce que nous nous sentons tous concernés, dans ce cas-là. Et c’est beau. »
Nous retrouverons Jean-Pierre Plazas ce samedi, dans Culture sans frontières.







