La Commission européenne et l'ancienne élite communiste en Tchéquie

La Commission européenne devrait examiner les relations entre l'ancienne élite communiste et les capitaines actuels de l'économie des pays candidats à l'Union européenne. La République tchèque ne fait pas exception. Un sujet présenté par Alain Slivinsky.

L'Union européenne ne cache pas qu'elle est préoccupée par les activités économiques des membres de l'ancienne « nomenklatura », dans les pays post-communistes de l'Europe centrale et de l'Est. Elle se prépare donc à examiner la situation dans ces pays. Les résultats pourraient faire partie du rapport sur la préparation des candidats à l'entrée à l'Union, qui devrait être présenté à l'automne de cette année. Günter Verheugen, commissaire pour l'élargissement, a affirmé lundi, que la Commission demandera aux pays candidats de séparer rigoureusement la politique de l'économie. Il n'a pas avancé de raisons concrètes. Il semble, pourtant, que les préoccupations de la Commission européenne découlent du peu de clarté existant dans l'économie des pays candidats, ce qui ne convient pas du tout aux patrons des pays membres de l'Union.

Lors de la rencontre de lundi avec les patrons européens, Günter Verheugen a déclaré : « Nous voyons clairement que dans tous les pays candidats, il existe des rapports nocifs entre les anciennes structures politiques, disons la « nomenklatura », qui se transforme, certes, mais avec toujours les mêmes personnes, et les nouvelles structures économiques. Ces rapports sont très peu clairs, mais nous les discernons ». Verheugen a encore ajouté : « Je ne sais pas si les anciennes structures commandent les nouvelles ou, si ce sont les nouvelles qui commandent les anciennes ». Pour lui, les activités des anciennes structures font fuir les investisseurs. Il faut dire que la Commission européenne est des plus sensibles à la lutte contre la corruption et à la clarté dans la sphère de l'entreprise. Dans ses rapports annuels, elle critique sévèrement les insuffisances dans la lutte contre l'entreprise illégale et l'absence de loi anti-corruption dans les pays candidats.

La Bulgarie et la Roumanie sont les plus critiquées, mais la transparence entre la politique et l'économie n'existe pas non plus dans les autres pays, y compris la Tchéquie. Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kavan, se veut optimiste : « Je suis persuadé que l'Union européenne constatera que les efforts du gouvernement tchèque, surtout du ministère de l'Intérieur, en ce qui concerne ce domaine, sont des plus importants. Nous acceptons toute critique constructive dans ce domaine sensible - la lutte contre le crime organisé en fait partie. Je ne peux me représenter que cette critique pourrait nous porter atteinte ». De son côté, Jan Zahradil, sénateur du Parti civique démocrate, déclare qu'il ne sait pas se représenter comment le contrôle de la Commission européenne concernant la liaison entre les anciennes structures et les nouvelles pourrait être réalisé. Un fait est certain : la corruption est mal vue par l'Union européenne, et rappelons que la lutte contre celle-ci reste au centre de l'attention du gouvernement tchèque.