Faits et événements La chimiste Magdalena Bendová : « Nous manquons surtout de soutien moral de l’Etat »
Deuxième partie aujourd’hui de l’entretien avec la chercheuse tchèque Magdalena Bendová que nous avons rencontrée à l’Académie des sciences, à Prague, à l’occasion de l’inauguration de L’Année internationale de la chimie. Magdalena Bendová mène des recherches en thermodynamique à l’Institut des procédés chimiques de l’Académie des sciences. Elle nous donne plus de détails sur la collaboration de l’Institut avec ses partenaires français.
Magdalena Bendová « Nous avons un projet commun avec Le laboratoire thermodynamique à
l’Université François Rabelais à Tours. Nous étudions des mélanges
des liquides ioniques. Ces composés ne sont pas tout-à-fait nouveaux,
mais nous avons récemment commencé à les étudier. Ils sont
potentiellement très utiles. Nous étudions leurs propriétés
thermophysiques et thermodynamiques, à savoir la densité, la viscosité,
la solubilité, pour pouvoir les utiliser comme dissolvants ou en tant que
médias pour des réactions chimiques. Dans ce domaine-là, ils ont un
grand potentiel : ces liquides ioniques peuvent aider à mener des
réactions chimiques beaucoup plus effectivement que d’autres
dissolvants. »
D’après vous, la chimie tchèque a donc une certaine renommé en France ?
« Je pense que oui, du moins dans le domaine de la thermodynamique.
L’Institut de chimie technologique (VŠCHT), notre plus grande
université chimique, a de très bonnes relations avec l’Université
Blaise Pascal à Clermont-Ferrand où travaille également, depuis
plusieurs années, notre collègue Vladimír Majer. Nous avons une très
bonne renommée auprès de cette institution, étant donné que de nombreux
étudiants qui y sont admis en thèse de doctorat ou en stage de doctorat
pour quelques mois ou encore pour des stages de post-doctorat. »
Le public entend souvent parler du sous-financement la science tchèque. Vous, personnellement, vous ressentez ce manque de moyens financiers dans votre travail ?
« On nous pose souvent cette question. Vous savez, il n’y a jamais
assez d’argent pour la science. Ce qui nous manque surtout, c’est le
soutien de la part du gouvernement. Nous avons tous accès aux fonds
européens, donc l’argent n’est pas notre premier souci. Ce qui nous
manque, c’est le soutien moral de l’Etat. Vous voyez que même la
santé n’est pas la priorité du gouvernement, alors que tout le monde a
besoin d’un médecin. Mais, a priori, personne n’a besoin d’un
scientifique… Les ministres concernés déclarent par exemple qu’il
faut s’occuper plus des sciences appliquées que de la science de base.
C’est cela qu’il faut changer. »








