Faits et événements La campagne électorale pour les régionales et sénatoriales
Après les européennes, cette année, la Tchéquie vivra encore d'autres batailles électorales : les 5 et 6 novembre, les électeurs iront aux urnes pour les régionales et les sénatoriales partielles.
L'attention est, surtout, concentrée sur les régionales, qui devraient être
une sorte d'examen pour les formations politiques qui s'y présentent. Alors
que les européennes avaient été la débâcle pour les sociaux-démocrates, les
récents sondages, un mois avant les régionales, leur redonnent du poil de
la bête. Ils sont, de nouveau second, derrière la principale formation de
droite, le Parti civique démocrate (ODS). Troisième, le parti communiste,
qui avait devancé les sociaux-démocrates aux européennes.
Le Premier ministre Stanislav Gross, photo: CTK
Qui dit élection dit, naturellement, campagne électorale. Elle vient de
débuter, cette semaine, en Tchéquie. Alors que la sociale-démocratie joue
plutôt dans le modéré, en se présentant comme le balayeur qui fait le
ménage, par exemple, l'ODS a décidé de tirer à boulets rouges sur le
gouvernement du social-démocrate, Stanislav Gross. Les leaders de l'ODS ne
mâchent par leurs mots en employany des termes comme « grosstapo » pour la
police qui était sous les ordres du Premier ministre actuel, quand il
était encore ministre de l'Intérieur. L'ODS ne cache pas son plan : la
guerre totale contre Stanislav Gross, comme le titrait, mardi, le
quotidien national, Lidove noviny. En effet, lors de la Conférence du
Parti civique démocrate, lundi, à Prague, première réunion préelectorale,
les orateurs s'en sont pris sans vergogne au Premier ministre. L'ODS
déclare que dans la situation actuelle, les élections ne revêtent plus
seulement une importance régionale, mais se transforme en une lutte pour
la défense de la démocratie. Elle serait en péril et le gouvernement de
Stanislav Gross conduirait le pays vers un retour à l'époque d'avant
novembre 1989, à la crise. A cette conférence, on a entendu des
déclarations telles que : « Cette réunion est plutôt celle d'un état-major
de crise, pour la défense des droits de l'homme et des libertés » (Petr
Bendl, chef de la campagne électorale). Il fut complété par Vlastimil
Tlusty qui déclarait : « Celui qui vote pour les sociaux-démocrates, vote
pour la normalisation d'avant novembre ».
Et le plus visé, le Premier ministre, Stanislav Gross ? Avec un balai, il pense bien nettoyer les Conseils régionaux des représentants de l'opposition (certains y ont vu une analogie avec le ménage fait par les communistes quand ils prenaient le pouvoir, depuis les temps de Lénine, déjà). C'est avec ce balai qu'il s'est présenté, lors d'une première rencontre préelectorale, sur le mythique mont Rip, le lieu sacrosaint de l'histoire de la nation tchèque. Pour les politologues, les propos des représentants du Parti civique démocrate n'entrent plus dans le langage commun d'un parti de droite. Ils sont beaucoup plus proches de ceux des partis d'extrème-droite.





