Faits et événements La Belgique participe à la timide ouverture du marché du travail européen
Lors du grand élargissement de l'Union européenne, en 2004, avec l'entrée de dix nouveaux membres, en majeure partie de l'Europe centrale et de l'Est, l'un des sujets qui avaient créé des tensions était celui de la libéralisation du marché du travail. Les anciens membres, les Quinze, craignaient un afflux de travailleurs des nouveaux membres et avaient obtenu certaines restrictions dans l'ouverture de leur marché du travail. Aujourd'hui, le vent tourne aussi en Belgique.
Au mois de mars, encore, le marché du travail belge restait complétement
fermé aux citoyens de la République tchèque, qui, à la différence d'autres « anciens » de l'Union européenne, comme la Grande-Gretagne ou la Suède,
devaient obtenir un permis de travail spécial. Un paradoxe, un peu, car la
Grande-Bretagne, justement, avaitcraint une vaste vague d'émigration des
Roms tchèques, il y a quelques temps... Néanmoins, les voisins les plus
proches de la République tchèque, l'Allemagne et l'Autriche, conservent
leur marché du travail en grande partie fermé. A part la Grande-Bretagne
et l'Irlande, ce furent l'Espagne, la Finlande, le Portugal et la Grèce
qui décidèrent d'ouvrir leur marché du travail aux citoyens des nouveaux
membres de l'Union, donc aussi de la Tchéquie. La France s'est aussi
résolue à une « levée progressive et maîtrisées des restrictions à la
libre-circulation de la main-oeuvre », cela au mois de mars dernier.
Pourtant, elle a adopté une sorte de solution mixte, elle a choisi la
demi-mesure : administrer la libre-circulation de la main-d'oeuvre de la
même manière que celle qui a été choisie pour l'immigration. Cela veut
dire, effectuer un choix dans les compétances ou les secteurs d'activité :
pour l'instant, le bâtiment, l'hôtellerie, la restauration, les services.
En fait, tous les secteurs où l'on constate un déficit de main-d'oeuvre
locale. La Belgique vient de choisir une solution semblable : ouvrir le
marché du travail belge aux citoyens tchèques, par exemple, dans le cadre
de l'ouverture du marché du travail de l'Union européenne, en général,
mais en respectant un certain choix : le bâtiment, l'architecture, le
secteur médical et les services.
Karl de Gucht et Cyril Svoboda, photo: CTK
D'après le ministre belge des Affaires Etrangères, Karl de Gucht, en
visite à Prague, lundi, les autorités belges seront habilitées à délivrer
un permis de travail en cinq jours. Des restrictions donc encore pour les
Tchèques désireux de travailler en Belgique, mais des progrès, avant que
les emplois belges leur soient librement accessibles, comme en
Grande-Bretagne, Irlande, Suède, Espagne, Portugal, Finlande ou Grèce. Une
comparaison s'impose un peu : le marché du travail tchèque est ouvert, sans
restriction aucune, aux citoyens de tous les pays membres de l'Union
européenne...







