Faits et événements Jeunes Tchèques en uniforme

06-09-2005 16:33 | Anna Kubišta

A l'occasion de la rentrée scolaire 2005/2006, nous vous avons déjà brossé un tableau du retour des élèves tchèques sur les bancs d'écoliers, tout comme nous avons fait un tour au Lycée français de Prague, ou nous avons encore parlé de la pédagogie Waldorf. Aujourd'hui, c'est au premier internat « à la britannique » qui habille ses élèves en uniforme que Radio Prague s'est intéressée.

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Open Gate, photo: CTKOpen Gate, photo: CTK Chemise blanche impeccable, gilet à écusson, cravate, et jupe écossaise plissée, non, vous n'êtes pas en Angleterre, mais bien à Babice, en République tchèque. Dans cette « boarding school » ou internat, en français, 112 élèves vont passer leur année scolaire, une sorte de « première génération test » pour cette école unique en son genre dans le pays. Et il n'y a pas que le style qui soit à l'anglaise : Open Gate, c'est le nom qui a été choisi, soit Porte ouverte, une manière de couper court, sans doute, à toute comparaison entre ce type d'internat et l'univers carcéral. Et pour ne rien laisser au hasard, à côté d'un choix possible entre cinq autres langues étrangères, c'est l'enseignement de l'anglais qui y sera privilégié, avec dès la cinquième classe, c'est-à-dire la première année de collège, certains cours dans la langue de Shakespeare, donnés par des locuteurs natifs. Alena Kilianova est la directrice de cet établissement scolaire pas commes les autres, dont elle défend les avantages :

Open Gate, photo: CTKOpen Gate, photo: CTK « Il y a de nombreux avantages au système des « boarding schools ». Un des avantages les plus significatifs, c'est que les élèves ont aussi des activités collectives où ils peuvent développer ce qu'ils apprennent dans cette école. Ces activités collectives peuvent justement venir appuyer le savoir qu'ils ont acquis. Mais c'est aussi l'organisation du temps libre : les élèves apprennent à exploiter activement leur temps libre, et donc, il n'y a pas de risque qu'ils se mettent à traîner, qu'ils ne sachent pas quoi faire et qu'ils remplissent leur temps libre avec des activités qui ne seraient pas convenables. De même, ils apprennent la discrétion, ils apprennent à vivre avec les personnes de leur génération. Je pense qu'une « boarding school » a tout à fait à sa place ici, le système a fait ses preuves à l'étranger depuis des siècles. »

Open Gate, photo: CTKOpen Gate, photo: CTK Mais pour pouvoir profiter de cette forme d'enseignement privilégié, dans un cadre qui propose des conditions d'études enviables, entre une salle de théâtre, une bibliothèque, une piscine couverte, des salles de classe à l'équipement de pointe, il faut ouvrir son porte-feuille : 47 000 couronnes par mois (plus de 1 500 euros) que doivent débourser les parents. Pourtant, les enfants issus de milieux sociaux défavorisés, de foyers éducatifs, peuvent également étudier à l'école Open Gate : son fondateur n'est autre que Petr Kellner, l'homme le plus riche de la République tchèque, propriétaire du groupe financier PPF, et c'est la fondation dirigée par sa femme qui se charge de payer l'inscription de ces élèves. Radio Prague a demandé à la directrice de l'école sur quels critères ils étaient sélectionnés :

Open Gate, photo: CTKOpen Gate, photo: CTK « 90% des élèves qui ne payent pas les cours, c'est la fondation Educa qui les finance, ainsi que ceux dont les parents ne payent qu'une petite part du total. Donc, le choix des élèves s'est fait sur la base de leurs connaissances. Tous les élèves qui ont demandé à aller chez nous ont passé des tests identiques : un test de connaissance, de mathématiques et de tchèque, un test d'intelligence, ainsi que des entretiens pour examiner si l'élève correspond à ce type d'écoles. »

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