Faits et événements Jeunes Tchèques en uniforme
A l'occasion de la rentrée scolaire 2005/2006, nous vous avons déjà brossé un tableau du retour des élèves tchèques sur les bancs d'écoliers, tout comme nous avons fait un tour au Lycée français de Prague, ou nous avons encore parlé de la pédagogie Waldorf. Aujourd'hui, c'est au premier internat « à la britannique » qui habille ses élèves en uniforme que Radio Prague s'est intéressée.
Open Gate, photo: CTK
Chemise blanche impeccable, gilet à écusson, cravate, et jupe écossaise
plissée, non, vous n'êtes pas en Angleterre, mais bien à Babice, en
République tchèque. Dans cette « boarding school » ou internat, en
français, 112 élèves vont passer leur année scolaire, une sorte de « première génération test » pour cette école unique en son genre dans le
pays. Et il n'y a pas que le style qui soit à l'anglaise : Open Gate,
c'est le nom qui a été choisi, soit Porte ouverte, une manière de couper
court, sans doute, à toute comparaison entre ce type d'internat et
l'univers carcéral. Et pour ne rien laisser au hasard, à côté d'un choix
possible entre cinq autres langues étrangères, c'est l'enseignement de
l'anglais qui y sera privilégié, avec dès la cinquième classe,
c'est-à-dire la première année de collège, certains cours dans la langue
de Shakespeare, donnés par des locuteurs natifs. Alena Kilianova est la
directrice de cet établissement scolaire pas commes les autres, dont elle
défend les avantages :
Open Gate, photo: CTK
« Il y a de nombreux avantages au système des « boarding schools ». Un des
avantages les plus significatifs, c'est que les élèves ont aussi des
activités collectives où ils peuvent développer ce qu'ils apprennent dans
cette école. Ces activités collectives peuvent justement venir appuyer le
savoir qu'ils ont acquis. Mais c'est aussi l'organisation du temps libre :
les élèves apprennent à exploiter activement leur temps libre, et donc, il
n'y a pas de risque qu'ils se mettent à traîner, qu'ils ne sachent pas
quoi faire et qu'ils remplissent leur temps libre avec des activités qui
ne seraient pas convenables. De même, ils apprennent la discrétion, ils
apprennent à vivre avec les personnes de leur génération. Je pense qu'une « boarding school » a tout à fait à sa place ici, le système a fait ses
preuves à l'étranger depuis des siècles. »
Open Gate, photo: CTK
Mais pour pouvoir profiter de cette forme d'enseignement privilégié, dans
un cadre qui propose des conditions d'études enviables, entre une salle de
théâtre, une bibliothèque, une piscine couverte, des salles de classe à
l'équipement de pointe, il faut ouvrir son porte-feuille : 47 000
couronnes par mois (plus de 1 500 euros) que doivent débourser les
parents. Pourtant, les enfants issus de milieux sociaux défavorisés, de
foyers éducatifs, peuvent également étudier à l'école Open Gate : son
fondateur n'est autre que Petr Kellner, l'homme le plus riche de la
République tchèque, propriétaire du groupe financier PPF, et c'est la
fondation dirigée par sa femme qui se charge de payer l'inscription de ces
élèves. Radio Prague a demandé à la directrice de l'école sur quels
critères ils étaient sélectionnés :
Open Gate, photo: CTK
« 90% des élèves qui ne payent pas les cours, c'est la fondation Educa qui
les finance, ainsi que ceux dont les parents ne payent qu'une petite part
du total. Donc, le choix des élèves s'est fait sur la base de leurs
connaissances. Tous les élèves qui ont demandé à aller chez nous ont passé
des tests identiques : un test de connaissance, de mathématiques et de
tchèque, un test d'intelligence, ainsi que des entretiens pour examiner si
l'élève correspond à ce type d'écoles. »





