Faits et événements Jan Svankmajer a reçu le prix du meilleur film tchèque de l'année 2001
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Stella Zazvorkova (Photo: CTK)
Commençons par une brève statistique : l'année dernière, seize nouveaux films
tchèques sont sortis dans les salles. Parmi eux, sept ont été sélectionnés pour
les Lions tchèques. Les favoris de la soirée, deux longs métrages de deux jeunes
réalisateurs, Le Monde en bleu foncé, de Jan Sverak, et l'Eté de la
Saint-Martin, de Vladimir Michalek, ont remporté le plus de prix : quatre
statuettes de lion en cristal pour chacun. L'Eté de la Saint-Martin est une
histoire souriante de trois retraités qui apprennent à vivre, chacun à sa façon,
la vieillesse. Les trois protagonistes, considérés, aujourd'hui, comme des
légendes du cinéma tchèque : Stella Zazvorkova, Vlastimil Brodsky et Stanislav
Zindulka ont reçu les prix de l'interprétation.
Jan Sverak (au milieu), sa femme Eva et Ondrej Vetchy (Photo: CTK)
Jan Sverak, le réalisateur du Monde en bleu foncé a été, ce soir-là, mal dans sa
peau. Certes, son film sur les combats et les amours des pilotes tchèques,
pendant la Seconde Guerre mondiale, a obtenu une foison de prix : ceux de la
réalisation, musique, caméra et montage, et, en plus, le prix de la critique et
des spectateurs. Mais... la récompense la plus prestigieuse, la plus convoitée,
celle du meilleur film, lui a échappé. Tout comme, d'ailleurs, la nomination aux
Oscars...
Jan Svankmajer et sa femme Eva (Photo: CTK)
La salle de la Lucerna a été étonnée d'entendre le titre du meilleur film
tchèque de l'année 2001 : Otesanek, comédie noire inspirée d'une histoire pour
enfants, du célèbre animateur tchèque, Jan Svankmajer. Evidemment, car les films
originaux de Jan Svankmajer et de sa femme Eva, où la réalité et l'imaginaire se
côtoient, ont été, jusqu'à présent, plus appréciés à l'étranger qu'en République
tchèque. Les époux Svankmajer ont donc été assez surpris, en tenant le Lion
entre leurs mains, mais ceci ne les a pas empêché de garder leur humour
spécifique. "Le meilleur film devrait recevoir soit tous les prix, soit aucun.
De toute façon, cette cérémonie n'a pas tellement de sens, car on devrait
récompenser les films, au moins cent ans après leur création, quand le temps a
déjà prouvé leur qualité", a dit Jan Svankmajer, devant la salle bondée de la
Lucerna. Quant à son Otesanek, de nombreux journalistes se demandent, dans les
rubriques culturelles des quotidiens tchèques, pourquoi ce film d'une
originalité incontestable, moitié joué, moitié animé, n'a-t-il pas été
sélectionné par l'Académie tchèque du cinéma pour les Oscars, à la place du
Monde en bleu foncé, terriblement ressemblant à Pearl Harbor...





